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lundi 20 juillet 2020

NAGE LIBRE de Sébastien Chrisostome [BD]




Éditions Sarbacane
100 pages
15,50 €


La quatrième de couv qui vaut tous les résumés 





L'avis express de Dup sur Nage libre de Sébastien Chrisostome

Une BD enlevée et désopilante.
À découvrir !


L'AVIS DE DUP



Une BD parue en 2008 qui vient d'atterrir chez moi au gré des flux migratoires de mes enfants, et que je viens de dévorer d'une traite : un régal !

Nage libre présente les aventures de trois potes saumons : Josi, monsieur Nale et Marsha. Deux vieux, dont un désabusé et un petit jeune à peine sorti des écailles de sa mère. Josi propose de remonter la rivière pour retrouver quelques saumonettes...



Ils affrontent donc des cascades à remonter, des ours qui pèchent 


...pour la dolce vita !



Mais finissent vite par se lasser et décident de repartir, direction l'océan. 
Se croyant perdus, ils suivent une grenouille perfide qui leur tend une embuscade.



Alors qu'ils allaient servir de repas à trois brochets salmonivores, ils sont sauvés in extremis par des castors. Ils se lient d'amitié avec les familles castors, qui aidant à la cuisine, qui à la garde des enfants, ou ensemble à dégager des branches pour aider à la construction d'un barrage. 

Mais lorsqu'ils décident de repartir direction l'océan... ils sont du mauvais côté du barrage 😂
Ils vont faire appel au sorcier du coin dont le look est assez désopilant d'ailleurs. 



L'appel à la magie et la solution est trouvée pour leur faire passer le barrage : un "petit" raz-de-marée.



Nos trois compères vont se retrouver chacun dans des situations dramatiques et affronter seuls leur destin.
Josi dans les égouts de New-York.
Mr Nale dans un bassin d'élevage de saumons
Marsha au milieu des icebergs dans le grand nord.

Franchement, si vous tombez dessus, cette BD est délicieuse. Désopilante, pleine d'humour et de sarcasmes. Un dessin qui, à première vue ne m'accrochait pas, mais je dois reconnaître que ce qu'en dit l'éditeur est parfaitement vrai : Simple, enlevé, efficace, au service de la narration !




mardi 10 février 2015

QUEBEC LAND par Aude Massot, Edouard Bourré-Guilbert et Pauline Bardin








FORMAT: 15 X 21 CM

ÂGE: BD TOUT PUBLIC

NOMBRE DE PAGES: 256 PAGES

PARUTION: 4 JUIN 2014

COLLECTION: BD



PRIX: 13,90 €








Petit guide d’une installation réussie au Canada


Québec Land, ou l’histoire de deux jeunes Français (Edouard et Pauline) et leur chat, Gaspard qui décident de quitter la France pour vivre une expérience au Canada.
 Après obtention de leurs PVT (Permis Vacances- Travail), vient l’heure des cartons, des adieux à la famille, des sept heures d’avion et des premiers pas sur le Nouveau Monde… S’inspirant avec humour et tendresse de leur propre expérience, les auteurs passent en revue les grandes thématiques de l’expatriation canadienne.

Avertissement : grand froid, caribou et « tabarnak » ne sont pas les seuls au rendez-vous !





L'avis de Phooka:


Tombée sur cette BD au hasard de mes pérégrinations à la Librairie Glénat de Grenoble, je n'ai pas résisté. Le sujet me plaisait (on adore le Québec), le format aussi.

A peine rentrée à la maison, je me suis plongée dedans et je l'ai lu d'une traite. Il faut dire que cette BD se lit très vite.
Ce que je ne savais pas c'est qu'en fait, cette BD avait été préalablement publiée sur le net et que vu son succès, elle avait ensuite été publiée en format papier. L'eussé-je su, j'aurais sans doute été jeter un œil avant mon achat ...
Non pas que cette BD ne m'ait pas plu, non, mais ce n'est pas un enthousiasme délirant.
C'est une lecture agréable oui, mais un peu trop facile. Le sujet aurait pu donner lieu à des remarques un peu plus poussées. En revanche, les dessins sont agréables et rendent bien l'atmosphère.

Il y a de bonnes choses:

La découverte de Montréal sous forme de cartes postales :







La découverte de la communauté française à Montréal:





Passage obligé quand on est à l'étranger : la famille en visite ... :)


Et puis il y a l'hiver avec ses "quelques" centimètres de neige ...


Beaucoup de choses réussies, mais qui auraient pu ou dû être plus poussées dans certains cas. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer à un Guy Delisles avec ses chroniques de Jerusalem ou ses chroniques Birmanes. dans lesquelles l'auteur restitue si bien l'atmosphère. Bien sûr, Montréal ce n'est pas la Birmanie ... :)) Mais c'est une ville sur laquelle il y aurait quand même beaucoup plus à raconter.

Bref, en résumé une BD qui se lit bien, qui plaira sans doute autant aux Français qu'aux Québecois, mais qui, à mon avis, laisse un goût de trop peu et aurait mérité d'être un peu plus "écrite"



dimanche 16 décembre 2012

Automne - Hiver chez Sarbacane


Petite sélection bookenstockienne...


ROLLAND AUDA
L'équipée volage


Parution janvier 2013
320 pages
16 euros


Résumé :

Rêvons un peu : en 1492, Christophe Colomb n’a jamais découvert l’Amérique. Et aujourd’hui, en 1905, l’empire Incaztèque domine le monde tandis que l’Europe est une myriade anarchique de cités recouvertes par les eaux. Les mers sont peuplées de monstres mutants et de flibustiers.
Au milieu de tout cela, deux piratesses, Barbe-Marie et Rejji, tentent de découvrir une île mythique : Isocélie. Pour y parvenir, elles devront semer le cruel Phinéas Moog dans les méandres de Massilia, la Cité Flottante. Aider Conan Doyle à retrouver Sherlock Holmes. Et enfin, traverser l’Atlantique pour découvrir la solution à l’énigme du Dôme
Atlante… Mais que cache vraiment Isocélie ?

« Un roman profondément original : neuf, jouissif et violent. Alertez les ados ! »  Télérama.

*******************************

EMANUEL DADOUN
Microphobie


Parution août 2012
240 pages
15,50 euros


Avis de l'éditeur :
MICROPHOBIE : un polar survitaminé très « BD », mêlant thriller biologique et séquences
fantastiques.

Résumé :
Laos, Ouganda, Australie : partout dans le monde, des gens explosent, tels des kamikazes improvisés. À l’origine de cette terrifiante menace aléatoire, il y a le vrombissement d’étranges insectes de métal, un vaccin révolutionnaire contre le paludisme et beaucoup de vies gâchées. Au centre du maelström, l’inspecteur Kowalski, chargé de l’enquête et coincé entre deux ennemis que tout oppose : Gary Plyton, empereur de l’industrie pharmaceutique et Duane Carter,
génie des nanotechnologies. Deux univers, deux manières de penser l’humanité. L’horrible bourdonnement commence…

« Un souffle punk, des distorsions du langage, tout droit issus des séries télé ou des films de Tarantino. »  ELLE.




lundi 3 décembre 2012

LE MONDE DE CHARLIE de Stephen Chbosky



Editions Sarbacane
Collection Exprim'
252 pages
13.50 euros


Présentation de l'éditeur:


Au lycée, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas « raccord ». Aux yeux de son professeur de Lettres, qui lui fait découvrir les classiques américains, c’est sans doute un prodige ; les jeunes de son âge, eux, le voient comme un « freak ». Lui se contente de rester en marge des choses. Jusqu’au jour où deux seniors, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, le sexe, les fêtes : il va bien falloir que Charlie « s’implique ». Mais une fois entré dans la danse, il ne pourra plus continuer longtemps à occulter son passé…





L'avis de Phooka:

Comme toujours la collection Exprim' chez Sabarcane surprend. Cette collection n'édite jamais de titres "standards" pour la jeunesse. Parfois ça "colle bien" et d'autres fois "moins bien", mais ce qui est sûr c'est qu'on est toujours surpris. Donc, quand on m'a, cette fois, proposé Le monde de Charlie, j'ai hésité un moment puis plongé.

Ne sachant absolument pas à quoi m'attendre, j'ai, un peu machinalement, ouvert ce livre un dimanche où je n'avais rien de spécial à faire. Bien m'en a pris (je parle du choix du jour où je n'avais rien à faire) car j'ai engloutis les 250 pages du roman sans relever le nez !!!!  Déjà j'adore les romans épistolaire, et celui-ci en est un parfait exemple. Attention il ne s'agit pas d'un échange de lettres, mais simplement de lettres envoyées par Charlie à un destinataire inconnu, de lui comme de nous, et dans lesquelles il raconte sa vie de tous les jours. Finalement elles font office de journal intime. L'impression donnée par ces lettres est telle que le lecteur a souvent l'impression que ces lettres lui sont destinées à lui et à lui seul.

Charlie, c'est un drôle de gamin, en seconde dans un lycée. Un gamin incroyablement intelligent, mais d'une sensibilité exacerbée qui fait qu'il est pas "comme les autres", à tel point que Charlie est suivi par un psychiatre. Charlie est un surdoué et son prof de lettres l'a bien remarqué. Il lui fait lire des oeuvres qui ne sont pas au programme, un moyen de lui faire mieux comprendre la vie qui l'entoure. Car Charlie observe, il ne fait même que ça. Plutôt que de se mêler aux jeunes de son âge, il reste à l'écart, il regarde et il en tire des leçons. Il est un fin observateur et ses conclusions sont d'une incroyable justesse. Il fait preuve d'un bon sens et d'un recul qui font envie. Enfin qui "feraient" envie, car le problème de Charlie c'est qu'il observe la vie, mais ne la vit pas.
Jusqu'au jour où il rencontre des "terminales", Sam et Patrick. Ces jeunes gens, plus âgés que Charlie vont le prendre sous leurs ailes et essayer de le faire "vivre" au lieu d'être un simple spectateur. Ainsi Charlie va se retrouver mêlé à leurs histoires: histoire de cours, histoire de coeurs surtout. Charlie est amoureux de Sam bien sûr, même si elle est trop "vieille" pour lui. Et pour faire plaisir à Sam et à Patrick, Charlie va s'impliquer, il va essayer d'être amoureux, essayer de profiter de la vie, essayer de vivre tout court. Le tout avec des hauts et des bas bien sûr. Charlie va grandir et progresser. Parfois difficilement, mais il fait montre d'un courage hors du commun.

Je vous le dis, j'ai adoré suivre Charlie. Il me fait tellement penser à Forrest Gump. J'ai pleuré avec lui, j'ai assisté à ses efforts. Bon sang, ce que je l'ai aimé ce gamin. J'en étais toute retournée. Du coup, je suis embétée pour en faire une chronique "soft", posée, réfléchie ou bien pensante (dans le sens où il faudrait trouver des qualités, des défauts, ne pas parler à la première personne, blablabla ...). J'ai adoré ce livre, nom d'un chien. Moi, Phooka ! Peut-être que d'autres n'aimeront pas, je n'en sais rien, mais moi Charlie m'a touchée, j'ai été émue aux larmes. C'est aussi simple que ça !





Un film, The Perks of Being a Wallflower, tiré de ce roman va bientôt sortir sur nos grands écrans et du coup les éditions Sarbacane en profitent pour ressortir ce roman avec une nouvelle couverture (l'affiche du film) et surtout un nouveau titre.  Le livre a déjà été publié sous le titre de Pas raccord en 2008.

Site des éditions Sarbacane: http://www.editions-sarbacane.com

https://www.facebook.com/exprim.sarbacane

Un autre avis chez Melo
mardi 12 juin 2012

TRAVERSER LA NUIT de Martine Pouchain


219 pages
15.50 euros



Présentation de l’éditeur :



Vilor est flic. Flic dans une toute petite ville où rien ne se passe. Et pourtant, le mal y pointe son nez comme partout : la preuve, il y a un meurtre.
Pour Vilor, c’est important bien sûr cette histoire de meurtre, mais ce qui l’est tout autant, c’est Blanche, la fille du mort. Parce que tous les hommes tombent raides dingues rien qu’en la regardant, et que Vilor est un homme comme les autres…


L'avis de Phooka:


Préambule (dans lequel Phooka vous raconte sa vie):

Quand Exprim' nous a recontacté pour nous proposer ce polar, Dup a pris peur (je crois qu'elle n'est toujours pas remise de L'enfant nucléaire) , quant à moi je dois reconnaître que je n'étais pas très chaude. Pourtant j'ai bien aimé Le journal infirme, mais clairement Exprim' a une ligne éditoriale hors du commun et on peut s'attendre à tout. Finalement je m'en suis ouvert à notre contact qui m'a dit que ce polar là était très différent des autres romans et je me suis laissée convaincre.
Une fois le livre reçu, je l'ai mis dans ma Pile Urgente des SP à Lire (PUSPAL), mais il y est resté quand même un bon moment. Et puis un matin, j'ai pris le livre, lu les premières lignes, puis les premières pages, puis tout le roman d'une traite !


La chronique:


Vilor (oui Vilor et non Victor, en lisant le livre vous saurez pourquoi) est un gendarme, chef de la petite brigade d'une toute petite ville paumée dans la campagne picarde. Vilor est un gars du coin, il connait bien tout le monde et surtout tout ce que les gens cachent derrière leurs murs.
Vilor a 24 ans et il est éperdument amoureux de Blanche, comme tout le village d'ailleurs. Car Blanche ...c'est Blanche. 17 ans, belle à damner un saint, tous les hommes bavent en la voyant. La vie est tranquille à Etrenjoie, entre les poivrots et les voitures mal stationnées, la routine.
Et puis un beau jour, on retrouve le père de Blanche, poignardé et noyé dans une fontaine proche du village. Un assassinat comme dans les série télé. La révolution à Etrenjoie. Vilor et sa petite bridage vont mener l'enquête. Mais "dans la vraie vie" les enquêtes c'est long, on ne trouve pas forcément le meurtrier et puis Blanche est bien plus passionnante ...

Une histoire banale, dans un cadre banal avec des gens ordinaires (je dis ordinaires parce que je sais pas si je dois mettre banals ou banaux ! mdr). Bref, rien d'extraordinaire. sauf que Vilor aime les gens et quand il raconte son histoire (c'est Vilor le narrateur), le lecteur ressent cet amour à travers ses mots. Depuis la couvée de canards, à T'chot le gamin de 5 ans jusqu'à l'idiot du village, Vilor nous les présente, nous les fait découvrir, nous les fait aimer.  Il nous entraîne aussi derrière les murs, nous fait comprendre leurs peines de petites gens, leur courage, leur bonté.  Leurs difficultés aussi, que Vilor aimerait tant soulager. Il ressent la misère du monde avec une force exacerbée et on comprend que sa fonction de gendarme lui corresponde tellement bien. Il veut défendre la veuve et l'orphelin, mais aussi les enfants battus et violés, la face obscure de ce qui peut se cacher dans certaines maisons.

Un superbe récit, vu par les yeux de Vilor, mais on sent derrière les yeux et l'âme de l'auteur. Un amour profond pour cette région Picarde et pour ces petits villages/villes (note: quand j'ai lu le livre je me suis dit que ça aurait tout à fait pu se passer dans mon  village en Normandie et sans doute ailleurs aussi). On ne peut pas rester insensible à cette lecture. Le polar est une excuse, une sorte de leurre pour entraîner les lecteurs et leur faire découvrir ces gens et cette terre. Mais même si l'enquête n'est pas le sujet principal, sa conclusion n'en est pas moins belle et surprenante.

De plus l'histoire est servie par une belle écriture qui se dévore, les dialogues en patois sont croustillants et rajoutent une touche savoureuse.

Un vrai coup de cœur pour ce roman/polar, proche des gens, plein d'amour et d'espoir, plein de vie. Un vrai délice à lire. Merci à Exprim' de m'avoir permis de le découvrir.


PS: C'est le première fois que je vois T-shirt écrit ... ticheurte ! :)



Une autre chronique coup de coeur chez Mélo
vendredi 30 mars 2012

LE "JOURNAL INFIRME" de Clara Muller de Karim Madani



Éditeur : Sarbacane / Colletion Exprim’
Date de sortie : 4 janvier 2012
269 pages
15,00€ 




Présentation de l'éditeur:


Nom : Muller.
Prénom : Clara.
Age : 16 ans et des miettes.
Adresse : Paris, Ville Haute.
Epoque : le futur (2015).
Mail :borderline125(c)gmail.com.
Lycée : Guillaume Apollinaire.
Situation générale : Bizarre, étrange, fêlée. Situation particulière : Fille Frappée d’Opprobre (PFO).
Bande-son : Alice in Mains, Marilyn Manson. Films cultes : Requiem For A Dream, Orange mécanique.
Quand vous aurez ce journal en main, je serai déjà morte.


Avis de Phooka:

Voilà bien un livre étrange.
Présenté sous la forme d'un journal intime qui permet au lecteur de suivre Clara Muller, une ado de 16 ans, paumée comme il se doit.
Étrange sensation que d'être dans sa tête pour le meilleur et pour le pire.
Gamine bizarre, révoltée, mal dans sa peau. Un archétype d'ado quoi, un peu caricatural certes, mais sans doute assez bien vu.
Lycéenne, elle ne fait pas partie des belles nanas blondes à gros seins et elle le vit très mal. Mais si elle n'en fait pas partie est-ce vraiment de la faute des autres ou de la sienne? Elle aime être à l'écart en quelque sorte. Être différente.
Clara habite dans la partie huppée de Paris à une époque (2015) où la capitale est scindée en deux parties: la ville haute et la ville basse.
Franchement peu importe cette date, car ce qui se passe avec Clara est tout à fait actuel.
Arrive Karin, une fille de la ville basse, qui plait immédiatement à Clara, car Karin est comme elle : à part.
Elles vont devenir les meilleures amies, mais aussi les meilleures ennemies. elle vont fusionner, partager leurs angoisses et leurs problème existentiels. Jusqu'à l’extrême ...
Étrange sensation vraiment que ce journal. On le lit, on le dévore, on sait pertinemment comment ça va finir. Mais une fascination perverse s'installe. Le lecteur est scotché. Sans compter que la présentation du livre est franchement fabuleuse. Des dessins, des annotations "à la main". On a l'impression d'avoir un vrai journal en main. La langage y est bien sûr souvent vulgaire, mais pas sans raison. C'est une ado qui écrit, c'est donc du vocabulaire d'ado. C'est souvent glauque, voire malsain et en tout cas dérangeant.
Maintenant, j'ai personnellement un gros problème avec ce roman. Il est clairement destiné à un public d'ado, mais je ne pense pas que je le conseillerais à des ados. Car la fascination qui s'exerce à sa lecture est franchement perverse, voire malsaine. Je ne dis pas que tous les ados qui le liront, auront envie d'agir comme Clara, mais il n'est pas exclu non plus que cette fascination ait des effets négatifs sur certains. L'idéal serait s'en faire une lecture collective et commentée, histoire que certains ne se prennent pas pour des Clara en puissance. Ca peut faire un débat passionnant !
Et je le conseillerai sans aucun doute aux parents qui peut être, à travers le destin de Clara , comprendront un peu mieux le mode de pensée de certains jeunes.
En tout cas, en ce qui me concerne, c'est une lecture que je ne suis pas prête d'oublier.

Exprim est clairement un éditeur à suivre car leur ligne éditoriale est peu commune.

jeudi 22 mars 2012

L'ENFANT NUCLÉAIRE de Daph Nobody




Editions Sarbacane
464 pages
18 euros


Résumé :

Depuis son plus jeune âge, Jiminy Waterson a un don : un estomac à toute épreuve, capable de dissoudre de ses sucs gastriques particulièrement puissants tout ce qui n’est pas comestible. On veut faire de lui un rat de laboratoire, mais son ami Alex l’encourage à utiliser ce don sous la forme d’un show, et l’entraîne dans une tournée à travers les États-Unis. Ainsi, au détour d’un prêt-à-manger planté au bord d’une route de Virginie, Jiminy devient-il L’Homme au Ventre Magique. Mais quel est donc le rapport avec ce complot politique qui se trame autour d’un détournement de déchets nucléaires ? Ou avec ce prisonnier dans le couloir de la mort, dont on organise secrètement l’évasion ? Ou encore avec ce flic qui n’a plus qu’une seule idée en tête : se débarrasser de sa femme ? Un seul dénominateur commun : la folie humaine…



L'avis de Dup :


J'ai lu ici ou là quelques avis sur ce livre... et c'est à se demander si nous avons eu le même roman entre les mains ! Certains même le classe en jeunesse ! Au secours, même pour des Young Adult je ne le conseillerai pas. Moi qui suis habituée aux thrillers gores, voire glauques ( cf Débat ), je dois avouer que certains chapitres m'ont franchement écoeurée. J'ai même failli abandonner ma lecture à ce stade. Bon, je suis passée outre et j'ai bien fait, car cela m'a permis de me faire une idée globale de ce roman qui somme toute, sort des sentiers battus. Un OVNI, inclassable pour moi. Thriller non, polar non, fantastique oui un peu, dramatique oui beaucoup, cauchemardesque oui carrément.

Jiminy a donc un don, un peu spécial il est vrai. Il a la capacité de tout pouvoir avaler ET digérer. C'est un picamorfal :
Pica : Appétit morbide pour des substances non comestibles.
Morfal : Qui mange avec un appétit féroce.
Un don qui lui vaut d'être considéré comme un monstre, même par ses parents. A l'adolescence, alors que ses pouvoirs augmentent en puissance, il est complètement seul, et vit dans un terrain vagues envahit de chiens sauvages. Des rebuts de la société comme lui, qu'il a su amadouer. Là, il rencontre Alex et ensemble décident de partir sur les chemins, de gagner des sous grâce à ce don.

Très vite alpagués par le propriétaire d'un restauroute au bord d'une highway qui y voit lui aussi son intérêt, la grande aventure s'arrête, mais le succès grandit. A chaque show, Jiminy épate car il est vraiment capable de tout: le pot de fleurs avec la terre et les mégots écrasés dedans, le pot de peinture, de détergeant... et même du gazoil qu'il va boire à même la pompe de la station service attenante au restauroute. Il va bien sûr être de plus en plus remarqué. Mais pas toujours par des gens bien intentionné.

En parallèle de l'histoire de Jiminy nous suivons un énorme complot politique qui se trame autour d'un détournement de déchets nucléaires. Des flics ripoux, des politiciens véreux et ambitieux, tous sont fort bien décrits par l'auteur. Notamment celui qui veut être calife (sénateur) à la place du calife et est prêt à tout pour y arriver. La description de la folie de cet homme fait froid dans le dos. Le malaise politique des USA après la crise des subprime est plus que palpable.

Le lien entre ces deux histoires arrive lorsque les deux fûts radioactifs volés sont largués en douce dans une usine désaffectée, proche d'une plage déserte où Jiminy à l'habitude de venir se détendre seul, là où il va rencontrer Leia également, une jeune paumée.

Je dois avouer que malgré mon gros bémol du début, donc si on fait une parenthèse sur deux chapitres, j'ai bien aimé cette lecture. Car l'écriture de l'auteur est agréable, avec pas mal d'humour noir malgré un sujet bien sombre, et parfois même poétique. Si, si :
Extrait page 49:
Jiminy était en route pour les étoiles, et seule une comète pouvait encore l'arrêter. Alex veillait d'ailleurs à tenir à l'écart les comètes trop bien roulées, parce qu'elles étaient synonymes de toutes les éclipses. Il essayait de temps à autre d'en dévier une vers sa propre planète, mais sans beaucoup de succès. Alors, faute de mieux, il s'oubliait dans des trous noirs. 
Mais surtout, le point fort de cet auteur sont ses personnages. Ils sont tous fouillés, profonds. On souffre véritablement avec eux. Ils sont attachants (pour les sympas) ou détestables (pour les méchants de l'histoire), mais on ne peut pas être indifférent.

Cependant ce roman me reste en travers de la gorge, je n'ai pas réussi encore à déglutir à cause de certaines scènes de nécrophagie... euh, trop bien décrites à mon goût. C'est un livre que j'aurai du mal à conseiller !
Sentiment assez paradoxal que de dire " Je ne regrette pas ma lecture, mais je ne vous le conseille pas"... mais c'est vraiment ce que je ressens.

D'autres avis chez : hylyirio, Suny, Moody, Gr3nouille2010, Azilis, Vozrozhdenyie