jeudi 21 mars 2024

PEINES DE MOTS PERDUS de Jean-Laurent Del Socorro

 


Éditions Argyll
304 pages
21,90 euros




L'avis express de Dup sur Peines de mots perdus de Jean-Laurent Del Socorro

Un roman de cape-et-d'épée composé de trois grosses nouvelles vives et entraînantes.

L'AVIS DE DUP



Sachant que ce nouveau roman de Jean-Laurent Del Socorro se situait dans l'univers de Un royaume de vent et de colères que j'avais beaucoup aimé, de Du roi je serai l'assassin que j'avais adoré (et de La guerre des trois rois que je n'ai toujours pas lu), je ne pouvais que me précipiter sur cette sortie.

Peines de mots perdus fait référence à l'oeuvre Peines d'amours perdus de William Shakespeare que nous croiserons dans ce roman. L'oeuvre aussi bien que le personnage. Et des personnages célèbres, historiques, nous en croiserons plus d'un, insérés intelligemment, ils s'intègrent parfaitement au récit. 

Cette fois-ci, l'auteur se concentre sur Axelle, l'une des cinq personnages clé du Royaume de vent et de colères. On croisera Gabriel, par la force des choses puisqu'il sera adopté par Axelle, mais il ne fera que de brèves apparitions ici. Axelle que l'on va suivre dans trois périodes de sa vie : 1593, 1603 et 1621. En effet, le roman se découpe en trois actes, séparés par des entractes, comme au théâtre. Un assemblage de trois grosses nouvelles somme toute.

Acte I : Axelle de Thorenc qui n'est au départ qu'une capitaine de mercenaires, de lansquenets plus exactement, est alors emprisonnée avec toute sa bande. Elle accepte une mission en Angleterre pour les sortir tous de ce faux pas. 

Acte II : Axelle est alors Chevalière de Saint-Germain, mais aussi aubergiste de "La roue de la fortune" avec son mari Gilles à Marseille. C'est encore la lieutenante des quarante-cinq, Agnès de Loignac, des affaires spéciales de Henri IV, qui va l'expédier à nouveau à Londres.

Acte III : Axelle a vieilli, ses enfants suivent leur route et Gilles vient de décéder. Elle tâchera de faire son deuil lors d'une troisième virée en Angleterre, cette fois-ci en compagnie d'Agnès.

Le fil rouge en sera ces missions concernant toujours des objets d'obsidienne contenant une magie occulte, l'artbon, conférant aux sorciers capables de la manipuler, un pouvoir terrifiant qui pourrait bien changer le cours de la guerre qui occupe alors les rois de part et d'autre de la Manche. 

Les trois histoires se déroulent à un rythme très rapide, un vrai cape-et-d'épée. Pas de temps mort, à peine le temps de creuser les sentiments et états d'âmes des personnages. Les dialogues sont vifs et entraînants. Les bastons à l'épée virevoltantes. Les déplacements bien souvent à cheval ou en calèche, toujours à tombeaux ouverts. Lorsqu'ils doivent être plus longs, comme la traversée de la Manche, alors ils ne prennent qu'un petit paragraphe. 

Peines de mots perdus est un roman divertissant, qui se lit très rapidement tant on est entraîné par son rythme endiablé. Il m'a cependant laissé sur ma faim, comme s'il me manquait quelque chose, un peu plus de profondeur dans les interactions entre tous les personnages qui participent aux missions aux côtés d'Axelle. "L'effet nouvelle" que je crains la plupart du temps. Jean-Laurent Del Socorro se rattrape côté profondeur cependant en publiant en fin d'ouvrage le pamphlet féministe d'une autrice anglaise Jane Anger, "Pour la protection des femmes". Jane, qu'il avait inclus dans les deux dernières histoires. 


Jean-Laurent Del Socorro sur Bookenstock :


1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'aime beaucoup les romans de cet auteur. Mais je les lis en poche alors je vais devoir attendre longtemps pour celui ci. Même si j'apprécie pas vraiment le format nouvelle je suis curieuse de retrouver les personnages.

Regina Falange (dsl du tel je galère tellement pour commenter pfff)