lundi 18 novembre 2019

SOMBRE COMME L'AURORE de Jean-Baptiste Lamy





Éditions du 38
466 pages
23 euros





L'avis express de Dup sur Sombre comme l'Aurore de Jean-Baptiste Lamy



Un conte fantastique parsemé de magie, mais hélas non exempt de défauts qui gâchent la poésie qui en ressort.








La Citadelle est l'univers créé par Jean-Baptiste Lamy, un univers séparé en deux mondes bien distincts, en Haut et en Bas. Entre les deux se trouve la Tour de Monte qui les relie, avec une simple nacelle qui met des heures à faire le trajet et ne peut transporter que peu de poids. 

En Haut, c'est un monde restreint par sa surface exiguë. Les habitants y sont peu nombreux, vivent un peu les uns sur les autres, mais dans l'opulence matérielle. Marbre, diamants, ors, argent à profusion. En revanche, pas grand chose n'y pousse et ils dépendent pas mal du monde d'en Bas. Ah, aussi, ils sont tous nobles, et ont des ailes. En Haut, on trouve également des sorciers, de la magie et des artefacts magiques fortement convoités en Bas. Ce monde là est dirigé par le Roi Saphir depuis plus de deux cents ans. Crépusculine, une des filles du roi ne rêve que d'en Bas.

Le monde d'en Bas est un peu comme notre monde moyenâgeux : des villes, des champs cultivés, des forêts... Mais pas de nobles. La Citadelle d'en Bas est dirigée par une assemblée de devins qui forment la Loge. Et périodiquement ils élisent un Loge. Pour appliquer les décisions prises par ce dernier, c'est l'affaire du Chapitre qui est une assemblée de fiers chevaliers. Ce sont eux aussi qui surveillent la Tour de Monte. Bien sûr, presque tout le monde en Bas considère le Haut comme le paradis.

Tienn et ses amis, Alyse, Capitan et Rakenn sont à l'aube de leur vie d'adulte. Tienn va devenir apprenti à la Loge, Alyse au Chapitre, Capitan doit seconder son père qui est commerçant et Rakenn doit devenir apprenti sorcier et donc monter... Lorsque Rakenn redescend pour une visite à ses amis, Tienn le trouve bien prétentieux et n'envie pas le moins du monde l'ascension de son ami. Les choses vont changer lorsqu'il rencontrera Crépusculine en visite elle aussi en Bas. C'est le coup de foudre entre ces deux jeunes que tout sépare, elle, fille de roi, lui, fils de voleur. Mais les amours verticales sont-elles possibles ?

Toute l'intrigue du roman repose sur cette question. Tienn va tout faire pour prouver que oui. Il va devenir devin, puis Loge. Il va tenter de rapprocher les deux mondes en construisant deux navires volants, l'Aurore et le Crépuscule. Il va sauver sa belle, prisonnière entre temps sur la Lune, l'épouser, devenir Roi... Mais les imprévus, des déconvenues jalonnent son parcours et modifient à chaque fois sa "feuille de route". 

J'ai trouvé beaucoup de longueurs dans ce roman, mais mon plus gros problème a été avec les personnages auxquels je me suis peu attachée. Hormis Tienn qui poursuit son rêve de réunir les deux mondes et qui reste fidèle à lui-même, j'ai trouvé tous les autres intervenants ambigus, même Crépusculine. Ils ont tous plusieurs visages et donc sont difficiles à cerner. Le pompon étant discernée à la Reine Noire, alors elle (ou lui d'ailleurs, ça change :P) je n'ai pas compris grand chose quant à son rôle, tantôt réel, tantôt croquemitaine. Elle changeait tellement de personnalité que j'ai fini par perdre le fil.

Sombre comme l'Aurore s'adresse sans doute à un jeune lectorat car il est parsemé de leçons, l'auteur mettant en scène énormément (trop ?) de maximes populaires au fil de son récit, jouant beaucoup trop sur les métaphores à mon goût...
Crépusculine s'est changée en une fleur vénéneuse autour de laquelle le papillon et le bourdon gravitent tels deux planètes. Sous d'innocents pétales blancs, elle cache bien les gouttes sirupeuses de son nectar empoisonné ! A ce moment de la discussion, elle relève soudain son pistil et nous dévisage de ses deux étamines.
Et pourtant il se dégage de ce récit beaucoup de poésie, la plume de l'auteur est indéniablement belle. Peut-être qu'avec un peu plus de concision, j'aurai adoré ce très beau conte ? 





dimanche 17 novembre 2019

Semaine 46 sur Bookenstock [bilan]


Coucou, c'est dimanche et le dimanche c'est moi, le blog, qui vient vous raconter ma semaine.

Donc cette semaine les mémés ont mis en place ma rubrique bilan avec un premier article .


Sinon, Dup a décidé que comme le 11 novembre était férié elle ne publierait pas de chronique (non mais vraiment ces mémés, quelles fainéantes ! ).

Tiens d'ailleurs aviez-vous remarqué que Dup publiait les lundis et jeudis et Phooka les mardis et vendredis ? Oui ? Non ? Sbradaravdjan ? (<= pour initiés seulement)

Donc les chroniques de la semaine:
  • Phooka a adoré la version audio de Shakti et ça se sent quand on lit sa chronique:

  • Dup, elle aussi, a été embarquée par son livre audio et vous savez quoi? C'est de la SF !! Si, si, elle a écouté Hypérion et elle a été conquise ! (On nous l'a changée notre Dup hein?!)








  • Et en ce moment, Dup lit du thriller avec Paul Cleave (Brrrr) et Phooka de la fantasy avec le tome 2 de Sangs Maudits. Vous en entendrez donc prochainement parler par ici ...

Allez bonne semaine, des bises,  signé Bookenstock




vendredi 15 novembre 2019

LES VEILLEURS DE GLARGH de John Lang


Editions Octobre
Collection Naheulbeuk
Parution: août 2019
384 pages
31.90 euros



☇ L'avis éclair de Phooka sur les veilleurs de Glargh de John Lang ☇


Du polar-fantasy avec une jolie touche d'humour, un chouette cocktail pour passer un bon moment de lecture !



L'AVIS DE PHOOKA





Qui ne connaît pas John Lang ? Personne je pense. Son Donjon de Naheulbeuk a fait des ravages en BD et ses romans se sont eux aussi taillés un joli succès. Mais si vous pensez que John Lang a fait le tour de la terre de Fangh et qu'il nous a déjà tout raconté vous vous trompez.

Cette fois, nous quittons nos aventuriers habituels (même si on les croisera au détour d'une scéne), pour découvrir de nouveaux personnages. L'action se passe dans la belle cité de Glargh, gardée avec beaucoup de zèle par de fiers soldats. Parmi ces soldats, le lecteur fait connaissance avec l'unité Furets. Une unité de jeunes recrues, franchement hétéroclite et pas forcément la plus douée ou la plus efficace. Sa composition ne vous étonnera que peu si vous connaissez bien l'univers de John Lang. On y rencontre donc Ploubichou, le chef, un peu beaucoup trouillard, Laberta la magicienne, Ebenezer l'ingénieur un peu porté sur la bouteille, Murizul le nain, soldat lourd, et compagnon de beuverie du précédent, Régis le médecin un peu trop enthousiaste et zélé, Bertin-Renard l'autre soldat lourd, nobliau à la silhouette de poulet et gaffeur de l'extrême, Gavin éclaireur, Zalvine une elfe, éclaireur elle aussi et Sheelag l'amazone au caractère euh ... bien trempé et qu'il vaut mieux ne pas regarder trop longtemps. Une jolie troupe de bras cassés ...

Alors que des troubles éclatent en divers endroits de Glargh, les Furets sont envoyés en mission spéciale (qui rapporte donc plus de pièces d'or ...) sur une scène de crime. Régis étudie les corps avec un enthousiasme confondant, tandis que le reste de l'unité inspecte, farfouille, étudie ... en essayant de casser le moins de choses possibles. Un deuxième crime est découvert et la petite troupe enquête de nouveau. Au hasard de leurs découvertes, il semble bien qu'ils aient soulevés un gros lièvre. Oui mais voilà, les émeutes deviennent de plus en plus nombreuses dans la ville et les Furets ne sont plus envoyés en mission spéciale. Pourtant leur curiosité est piquée et ils décident de continuer l'enquête sur leur temps libre sans se faire (trop) remarquer. Malgré leur peu de compétence en tant qu'enquêteurs, ils découvrent petit à petit des indices qui les emmènent souvent vers des impasses mais qui forment malgré tout un faisceau.

Ce qui est étonnant avec ce roman c'est que c'est d'abord de la fantasy bien troussée. La ville de Glargh a tous les ingrédients d'une ville moyenâgeuse de toute saga de fantasy digne de ce nom. Les héros viennent d'horizons très divers: humains, nains, elfes, amazone. Toutes le ethnies sont représentées et chacune a bien sûr ses caractéristiques propres. Cependant la plus grande partie de ce roman est une enquête digne d'un polar noir. Des crimes, des gens torturés et des objets mystérieux qui disparaissent. Pourquoi ? Comment ? Par qui ? Telles sont les questions auxquelles nos héros vont devoir répondre.

Bien sûr tout ce qui précède n'aurait pas la même saveur sans la plume de John Lang. Son humour et sa dérision sont un délice. Ce qui est frappant dans ce récit c'est la dualité que l'on ressent. En effet, les personnages sont traités comme ceux de la bande dessinée, c'est-à-dire avec une drôlerie très caricaturale. Et si tout le roman était traité de la même façon, nul doute qu'il en deviendrait lassant. Et c'est là que John Lang montre son savoir faire, car le récit lui est on ne peut plus sérieux. L'enquête est difficile, les crimes odieux et le contexte "politique" complexe. On a donc une histoire très sérieuse servie par des protagonistes qui le sont beaucoup moins et le mélange des deux est un vrai plaisir de lecture.

John Lang réussit une fois encore son pari avec un roman situé dans  le monde de Naheulbeuk mais sans ses héros habituels. Les veilleurs de Glargh est un savoureux récit mélangeant avec brio suspense et humour. Du polar-fantasy qui captive le lecteur et se lit avec beaucoup de plaisir.





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jeudi 14 novembre 2019

HYPÉRION de Dan Simmons [Audio]







Hypérion 1

Lu par : Matthieu Dahan
Série : Hypérion, Volume 1
Durée : 21 h et 21 min
Version intégrale Livre audio
Date de publication : 12/10/2017
Langue : Français
Éditeur : Audible Studios






L'avis express de Dup sur Hypérion de Dan Simmons


Une oeuvre magistrale, ce n'est pas pour rien que c'est un grand classique de la SF, sublimée par un narrateur exceptionnel. 
À écouter, même si vous l'avez déjà lu !



L'AVIS DE DUP



/!\  Petite remarque préliminaire : les termes suivis d'une * ont une écriture approximative, il s'agit d'une écoute et non d'une lecture :P

Après la "Grande Erreur" plusieurs siècles auparavant qui a valu la mort de "l'ancienne Terre", l'humanité s'est répandue dans l'espace. Cette humanité est dirigée par l'Hégémonie qui contrôle la multitude de planètes habitées après avoir été ensemencées. Du Space-Opéra dans toute sa splendeur, avec une foultitude de termes spécifiques quant aux vaisseaux, aux moyens techniques de déplacements, de communications, de destructions, de connaissances, d'équipements, de... tout en fait : bref, TOUT ce que je n'aime pas ! Et pourtant...

Et pourtant j'ai adoré tout ce que j'y ai découvert. J'ai tellement aimé qu'une fois achevée mon écoute, je me suis précipitée sur mon cahier de chroniques pour y jeter vite, très vite mon ressenti afin de pouvoir poursuivre cette histoire passionnante arrêtée en pleine expectative pour le lecteur. Car oui, si on a aimé, c'est impossible de ne pas savoir le sort qui attend nos personnages, et indirectement l'avenir de l'Hégémonie toute entière.

Quelle richesse que cet univers créé par Dan Simmons. Quelle ingéniosité dans la construction même du récit qui apporte les détails de cet univers par des approches, des sensibilités différentes. C'est juste énorme. Et le tout est sublimé par Matthieu Dahan, ce narrateur hors du commun. Encore un  combo gagnant : Simmons / Dahan. Ce texte qui est en fait une succession de récits était fait pour lui, comme les Dits de Stefan Platteau.

Sept pèlerins choisis par le grand conseil de l'Hégémonie doivent se rendre sur la planète Hypérion pour adresser chacun une supplique au Gritche*. Monstre affreux, élevé par certains au rang de divinité, il aurait la particularité de maîtriser le temps et surtout d'exaucer le vœu d'un seul pèlerin, faisant de la bouillie des autres... A la veille d'une guerre interplanétaire entre l'Hégémonie et les Extros*, tous les sept savent qu'un seul d'entre eux survivra et que l'avenir de l'humanité repose sur cette ultime requête.

Pour comprendre les enjeux colossaux qui reposent sur leurs épaules, ils vont chacun leur tour raconter leur histoire et le rapport qui les lie à Hypérion. On aura donc une succession de six récits (et oui, pas sept...) dont le ciment sera la progression du pèlerinage qui, il faut l'avouer, n'est pas de tout repos, où les dangers vont aller crescendo tout comme l'angoisse du lecteur. 

Six récits différents, chaque personnage ayant sa personnalité, sa sensibilité et surtout une motivation propre. On a un panel de la société avec un prêtre, un soldat, un poète, une femme amoureuse, un père et son enfant, un scientifique et enfin un politique. Si chacun dévoile une intention différente à sa participation, on réalise que la trame de fond de chacune de ces histoires est l'Amour. Chaque récit m'a touché, oui, même celui de cet être hargneux et amer qu'est Martin Silenus* le poète. Chaque personnage (6 donc et non 7... haha, vous aimeriez bien savoir hein... faut le lire ! NON, mieux, faut l'écouter !!!) est profond, fouillé, passionnant, attachant.

L'univers est extrêmement complexe, les détails nous sont apportés par la multiplicité des récits, comme si l'on découvrait des facettes différentes à chaque fois. Cela apporte une richesse et une profondeur incroyable. Les thématiques abordées sont passionnantes même si on retrouve un peu toujours les mêmes dans le space-op : les problèmes temporels (toujours aussi complexes), la place et la reconnaissance des IA et des mondes virtuels, la colonisation, le devenir et l'évolution de l'humanité. Et bien sûr, le plus grand moteur de l'humanité : l'amour.

Bref je me suis régalée de bout en bout, et je vous abandonne au plus vite pour poursuivre mon écoute avec La chute d'Hypérion auprès de Matthieu Dahan ♥.


mercredi 13 novembre 2019

LES SIX ROYAUMES, un récit illustré de Adrien Tomas et Dogan Oztel [Sortie]



Adrien Tomas revient au devant de la scène !

Avec des images cette fois.





Et, pour s'y retrouver dans la production tomasienne je vous mets là la chronologie publiée par l'auteur himself sur facebook il y a quelques jours :



CHRONOLOGIE DES SIX ROYAUMES




La chronologie des romans s'organise donc ainsi, avec la Guerre Sylvaine dépeinte dans la Geste en point de référence :

AN -1000 : Le Royaume Rêvé
AN -998 : Le Royaume Brisé

AN 0 : La Geste du Sixième Royaume

AN 200 : Les Six Royaumes - Récit illustré

AN 300 : La Maison des Mages


En termes de classement par volumes et tomes, on peut voir la Saga des Six Royaumes comme suit :

VOLUME 1 : La Geste du Sixième Royaume
VOLUME 2 : La Maison des Mages
VOLUME 3 : Le Chant des Épines (3 tomes, préquelle)

Avec le Récit illustré en volume 2.5.


Si c'est votre première incursion dans les Six Royaumes, je vous conseille donc :

- soit la Geste du Sixième Royaume, qui sert un peu de pierre angulaire à l'univers
- soit les Six Royaumes - le Récit illustré, qui permet une plongée graphique et exhaustive dans l'univers ;
- soit le Royaume Rêvé, pour ceux qui (comme moi) sont un peu des monomaniaques de l'ordre chronologique.


Et le petit commentaire en rab 😃

Voilà, normalement vous savez tout. Il ne vous reste plus qu'à tout lire (ou recommencer si c'est déjà fait, parce que bon c'est si bien)(dit en toute objectivité, évidemment).