jeudi 20 mai 2021

LES OMBRES DE WOODSTOWN # 2 de Sarah G. Lhossi

 

Tome 2 - DANGEREUSE ATTRACTION



Éditions Alter Real
315 pages
20 euros


Le résumé / Se le procurer 
(lien à venir)



L'avis express de Dup sur Dangereuse attraction de Sarah G. Lhossi

Un second tome plus dans l'introspection, moins dynamique donc, mais qui ouvre tout un tas de possibles pour le troisième opus.



L'AVIS DE DUP



ATTENTION CETTE CHRONIQUE SPOILE COMPLÈTEMENT LE TOME 1 !  Mais impossible de parler de ce tome 2 sans révéler le coup de Trafalgar que l'autrice a fomenté à la toute fin du volume précédent, oui, oui, ce qui m'a mise en rogne en reposant mon livre il y a quelques mois ! Ce que Sarah Lhossi a fomenté se trouve dans le paragraphe qui suit.

Les Leaders ont tranché : Carra étant au courant de l'existence des Fortiors (oui, je sais, je n'ai pas employé ces termes dans ma première chronique, mais c'est parce que je ne les aime pas)(les termes, pas les individus)(suivez bon sang!), il faut soit l'éliminer, soit lui effacer la mémoire. Shade ne pouvant envisager une seule seconde de perdre Carra, il la confie aux soins des puissants pouvoirs de son ami Winden.

Prologue : Carra se réveille à l'hôpital, veillée par Winden. Elle ne le reconnait pas, elle ne se souvient de rien... mission accomplie.

Chapitre premier : Cinq mois plus tard.
C'est toujours le black out dans l'esprit de Carra. Alors que ses amis ont quitté Woodstown pour leurs études, elle est tellement perturbée par sa perte de mémoire qu'elle n'a pu s'y résoudre et "bosse" en tant que stagiaire dans le journal local. Oui, des guillemets, vous savez, la photocopieuse, le café, toussa...

À la maison, il ne reste que son père. Sa belle-mère est internée pour dépression sévère après la mort de Justin, son demi-frère, et sa demi-soeur est elle aussi partie pour ses études. En ami, il ne lui reste que Winden qui l'a "retrouvée" sans connaissance dans la forêt et qui vient prendre de ses nouvelles fréquemment, surtout après ses visites chez la psy qu'elle suit depuis son amnésie.

Et puis une impression de déjà-vu dans certaines situations, un flash en croisant par hasard Shade, suivi d'une prise de distance non expliquée de Winden, la font gamberger de plus en plus, même si son cerveau tourne dans le vide. Entre dans la danse Devin, l'ennemi juré de Shade mais elle ne peut pas le savoir, qui lui susurre des choses qui la font mouliner encore plus... toujours dans le vide. Une série de meurtres frappe alors Woodstown et un parallèle surgit dans sa tête avec la série de suicides de l'année précédente...

Il lui arrive beaucoup de choses à Carra et malgré tout, RIEN. À devenir folle, car elle sait que ce qu'elle oublie est important. Comme le fait de croiser Shade et de n'avoir qu'une envie, c'est lui sauter dessus alors qu'elle ne le connait même pas. À chaque fois c'est une introspection à en avoir mal à la tête pour Carra et, à force, un poil de lassitude pour la lectrice que je suis.

Quant au pauvre Shade, c'est un supplice pour lui aussi, parce qu'il sait. Il crève d'envie de tout lui révéler, mais cela signifierait l'arrêt de mort pour Carra. Parce qu'il est toujours autant attiré par elle, parce qu'il se sait surveillé. Parce que Devin le cherche... et il va le trouver !!! Trop bien ! Il est pour ainsi dire le c** entre deux chaises notre Shade dans cette situation, et là encore l'introspection est omniprésente, à cause de cette fichue Dangereuse attraction.

Bon, je vous rassure, cela va finir par faire tilt hein ! Et comment Carra va gérer ce qu'elle comprend enfin ? Si vous croyez que je vais vous le dire, c'est mal me connaître ! Mais je peux quand même vous dire que Sarah Lhossi le fait de main de maître. La donne va changer et... ben zavez qu'à le lire ! Mais cette fin, rhaaa !!! Encore une fois je suis toute screugneugneu ! Je hais les cliffhanger et Sarah Lhossi en fait des monstrueux. Mais force est de reconnaître que je suis la première à être sur les starting-blocks pour lire la suite.  

 


mardi 18 mai 2021

PRÉ-MORTEM tome 1 de Patrick McSpare

 

#1
Mourir de vivre

Editions Leha
Parution mars 2021
288 pages
19 euros


Les informations sur le site de l'éditeur


#dede81


☇ L'avis éclair de Phooka sur le premier tome de Pré-Mortem  ☇



Quelle claque ce roman!






L'AVIS DE PHOOKA:


On va déjà commencer par parler de la couverture. Parce que c'est la première chose qu'on voit du roman et elle est particulièrement sublime. On n'est donc pas surpris d'apprendre que c'est l'oeuvre d'Olivier Peru, ami de longue date de Patrick McSpare. Cette sublime illustration est une entrée en matière parfaite pour le roman et sa beauté est en accord avec son contenu.

Je n'avais pas lu en détail le pitch du roman avant de me lancer dans ma lecture. Ne sachant pas trop à quoi m'attendre et pensant avoir à faire à un thriller, j'étais un peu inquiète (oui Dup vous dirait que je suis une chochotte). Pré-mortem peut être considéré comme un thriller oui, pourquoi pas, mais c'est beaucoup plus que ça.

Imaginez un peu. Vous vivez tranquille, avec les bons et les mauvais côtés de votre existence. Normal quoi. Et puis arrive le jour de la Toussaint et là, des êtres magiques, des banshees, viennent annoncer à tous les humains de plus de 14 ans ... la date de leur mort. L'impact sur l'humanité toute entière va être énorme. Et c'est cet impact que Patrick McSpare va nous conter à travers le destin de deux groupes de personnes. 

L'annonce de la date de la mort de chacun a créé le groupe des Pré-mortem. Ce sont ceux qui vont mourir très prochainement. Parmi ceux-là certains disjonctent et commettent toutes sortes d'actions désespérées, allant même jusqu'au massacre en masse. Alors les gouvernements, ne sachant plus quoi faire pour endiguer cette montée de violence, se font renverser. Des juntes prennent le pouvoir. C'est le cas aux États-Unis et ces juntes créent des camps pour les Pré-mortem. Ils sont enfermés pour les empêcher de nuire. Peu importe s'ils sont dangereux ou pas. Si votre date de décès est proche, vous vous retrouvez dans une prison, sans confort, sans aucun droit, sans jugement ... La double peine pour tous ces gens qui savent qu'ils vont mourir dans quelques jours, semaines ou mois et qui se retrouvent à passer leurs derniers instants traités tels des assassins.

Alors certains essaient de dissimuler cette information, ou essaient de se cacher, voire de s'enfuir de ces camps. Et c'est ainsi que nous allons faire la connaissance de Rob, Neil, Luka, Bonnie, Anita et les autres. Deux groupes. L'un en Angleterre,  l'autre aux États-Unis. Leurs buts: fuir et se trouver un refuge. Dans l'un des groupe Rob, un ancien de la CIA et dans l'autre sa sœur Neil. Ils vont converger vers un refuge commun. Mais la CIA et la junte au pouvoir aux États-Unis, ne veulent laisser courir des anciens prisonniers des camps et la poursuite va être impitoyable.

Bien évidemment, il y a cette partie road-trip et action, mais l'auteur ne s'arrête pas là. La mort est la seule chose inéluctable, mais l'humain évite généralement d'y penser. Connaître la durée de son existence va profondément modifier le mode de pensée et le comportement des gens. Chacun va réagir à sa façon, se réfugier dans la religion, dans la violence, dans le repli et le doute, ou alors chercher le réconfort de sa famille et de ses proches. Et puis se poser des questions, beaucoup de questions. 

Comment une telle information peut détruire l'humanité de façon bien plus efficace qu'une guerre ? Qui sont ces banshees et quel est leur but ? Et même si cette partie est éludée face à tous les problèmes que génèrent leurs révélations, il est clair qu'on va y revenir dans le second opus du roman.

Pré-mortem est une sacrée claque. Une idée de génie de la part de l'auteur. L'impact d'une telle connaissance sur notre société. C'est juste énorme, vraiment! Je ne m'attendais pas du tout à ça, j'ai plongé direct dès les premières pages. Bien sûr c'est assez lourd parfois à lire vu le sujet traité, mais l'idée est tellement fabuleuse qu'il est impossible de décrocher. Je crois sincèrement que c'est le meilleur roman de Patrick McSpare à ce jour ! En tout cas, à mon avis. Et il me tarde bien sûr d'en découvrir la conclusion.





lundi 17 mai 2021

DU ROI JE SERAI L'ASSASSIN de Jean-Laurent del Socorro

 



Éditions Actusf
350 pages
19,90 euros





L'avis express de Dup sur Du roi je serai l'assassin de Jean-Laurent del Socorro

L'histoire de Silas sur fond d'Histoire de France et d'Espagne au XVIe siècle secouée par les guerres de religion. 
Un roman poignant et un profond coup de cœur !


L'AVIS DE DUP



Rarement un roman ne m'aura autant tordu les tripes que celui-ci. Du début à la fin, sans interruption ou si peu, Silas m'a broyé le coeur. C'était déjà mon personnage préféré dans Royaume de vent et de colères, du coup je me suis jetée dessus dès la proposition d'Actusf. 

Du roi je serai l'assassin est en fait un spin off qui démarre bien avant et se termine après l'histoire marseillaise, et qui relate la vie de Silas de Grenade, à Marseille en passant par Montpellier. Il est totalement indépendant, mais m'a donné la furieuse envie de relire le précédent, et peut-être bien de découvrir La guerre des trois rois dont la couv m'avait fait fuir (oup's, pas taper).

Silas est né Sinan en 1540 à Grenade, en Andalousie. Il a une sœur jumelle, Rufaida et une petite sœur Sahar. Ce sont des musulmans d'Espagne appelés des morisques qui, pour pouvoir rester chez eux doivent embrasser la religion catholique. Mais sous la croix chrétienne à leur cou brûlera toujours la foi d'Allah. 

Sinan va grandir entre un père autoritaire et violent, une mère complètement effacée et l'amour de ses sœurs. Une enfance pleine de souffrance qui sera le terreau de sa haine grandissante, d'une colère et d'un désespoir sans fond. Et l'on comprend enfin pourquoi le Silas de Royaume de vent et de colères pèle et mange autant de pommes... 

Heureusement toute cette noirceur sera un peu éclairée par l'amour fusionnel entre les jumeaux et celui qu'ils portent à leur petite sœur. Par l'amour respectueux que leur donnera Aïcha leur perceptrice également. Leur éducation sera pluridisciplinaire et complète. Elle sera complétée par Morayma, une combattante qui leur apprendra à se battre. Mais la relation entre Sinan et Rufaida sera souvent teintée d'une compétition malsaine instillée sournoisement par leur père.

Alors que s'intensifie la lutte entre chrétiens et musulmans à Grenade, les jumeaux vont partir pour Montpellier sous l'identité de Simon et Raphaëlla pour suivre des études de médecine, mais également rechercher "la pierre du dragon", leitmotiv de leur père, dans laquelle il place tous ses espoirs de vaincre les chrétiens d'Espagne. Ce sera une autre guerre qui les y attendra, celle des catholiques contre les protestants, la Réforme. 

Et pour finir Marseille. Alors que pendant les deux premières parties Silas était le narrateur, cette troisième partie donnera la parole à Gabin, un autre personnage croisé dans le roman précédent. Un changement de narrateur un peu déstabilisant je l'avoue, mais en même temps reposant pour mon pauvre cœur malmené jusque là...

Quand je lis les romans de Jean-Laurent del Socorro je me dis que j'aurai adoré l'avoir en tant que professeur d'histoire. Sûr que je n'aurai pas passé mes heures de cours à dessiner au fond de la classe ! L'inquisition espagnole, la Réforme, Nostradamus, Catherine de Médicis et les rois de France m'étaient largement passés au-dessus de la tête. Ce récit incroyablement immersif a réparé toutes mes lacunes.

Mais ce roman n'est pas qu'un cours d'histoire, y est abordé avec justesse un appel poignant à l'égalité pour tous, que l'on soit fille ou garçon, blanc, basané ou noir, et surtout quelque soit le Dieu que l'on porte dans son cœur. L'absurdité des guerres de religion bien sûr, terreau de haine et de vengeance sans fin. Et enfin la légère touche de fantasy qui s'insère parfaitement, signature s'il en est de l'auteur, qui sera le fil rouge du roman : l'Arbent, l'Arbon ou quelque soit le nom qu'on lui donne, la pierre aux multiples pouvoirs.

J'ai adoré ce roman et son personnage principal Silas. Comprendre enfin notre charismatique assassin, et le choix de son nom. Quel personnage, wow !!! Mais les  personnages secondaires ne sont pas en reste, loin de là. Rufaida et sa lutte pour se faire une place dans ce monde d'homme, sa frustration, sa haine. Cette amour de môme, Sahar. Peter, le médecin, poète et révolutionnaire dans l'âme. Tous ces portraits sont travaillés, ciselés, parfaits. Et Silas lui, fait une entrée fracassante dans le top dix de mes amis/amours de papier !  

J'ai eu un profond coup de cœur pour ce roman lu en deux soirées. Il me faudra le digérer avant d'enchaîner je crois. Respect monsieur del Socorro !


Jean-Laurent del Socorro sur Bookenstock :


Cinquième volet de l'ITV de SYLVIE KAUFHOLD

 


Pour relire le début de l'ITV : 

 ITV1

ITV2

ITV3

ITV4




C'est avec un très grand plaisir que nous accueillons ce mois-ci, Sylvie Kaufhold. Peut-être ne connaissez-vous pas cette autrice de talent. Voilà une bonne occasion de remédier à cette lacune ! Laissons lui alors la parole avant que nous ne veniez poser vos questions:

 

Je rêvais de faire un mois2 sur Bookenstock et voilà, j’y suis ! Ma première réaction a été de sauter de joie et d’envoyer un grand merci à Dup et Phooka pour cette invitation. Et puis… et puis j’ai commencé à frémir : je vous passe les « personne ne va s’inscrire » (mon syndrome de l’imposteur se réveille toujours au milieu de la nuit) et les «Paul Beorn ? Je passe après Paul Beorn ?» (souvenir angoissé d’oraux de français juste après le meilleur orateur de la classe) en lisant son intro parfaite. Bref, j’ai respiré un grand coup et là j’en suis à : « Allez, tant pis, je saute ! ».

Pour tout vous dire, je vous écris de mon lit. Mon bureau (si, si, j’en ai un) est une table alibi qui ne me sert qu’à empiler jusqu’à écroulement toutes sortes de livres, de papiers, d’objets divers et variés. La pièce étant ouverte à tous vents dans un appartement qui fut longtemps plein d’adolescents bruyants et qui héberge encore (covid oblige) un jeune adulte étudiant, je fuis dans le silence de ma chambre (si petite qu’il n’y rentre que le lit, immense lui) et le confort de ma couette pour écrire. Et j’écris essentiellement le soir et le week-end, quand mon cerveau essoré par l’intensité de mes élèves commence à se régénérer. Car dans la journée, pendant que mes collègues enseignent des matières sérieuses comme l’allemand ou les maths, j’enfile mon costume de Marie Poppins, je fais des bateaux en pâte à modeler, des fleurs en papier, des cours sur les artistes que j’aime, des gâteaux et des crêpes, je chante (faux, très faux) en français, je fais du feu avec des silex et de la marcassite, je mélange au petit bonheur des liquides colorés qui finissent toujours par mousser… bref, j’enseigne le français langue étrangère, les arts plastiques (ceux et celles qui me suivent sur fb connaissent mes publications colorées) et une matière fourre-tout regroupant histoire-géo-biologie-chimie… en primaire, et ce en Allemagne, pays où je vis depuis plus de vingt ans.

Le soir donc, je range mon parapluie et mon sourire bienveillant pour sortir mon arme favorite (une lame de préférence), aiguiser mes pouvoirs magiques (j’ai un faible avoué pour la télépathie), siffler mes félins, sauter sur mon cheval ou hisser la grand-voile et partir à l’aventure… 

Voilà, c’est tout pour moi, pour cette première fois. Vous avez bien sûr le droit de poser toutes sortes de questions, des plus sérieuses aux plus loufoques. J’y répondrai sous ma couette. 


Maintenant c'est à vous. Nous attendons vos questions et remarques.

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Olivier Bihl :

Désolé je ne comprends pas pourquoi il y a un K inutile qui se rajoute à votre nom de famille...
Beaucoup de questions déjà posées et auxquelles vous avez déjà répondues et merci encore. Alors "Passeurs de lumières" une de vos traductions au titre prometteur. Avez-vous déjà pensé à vous diriger vers des genres différents de celui de la Fantasy ? Polars ? Thrillers ? En lisez-vous et quels sont vos auteurs de références, si vous en avez, dans ces régistres ? Le style dans lequel je vous découvre (Fantasy) a t'il des équivalents chez nos cousins germains ? Je note que le genre masculin dans Royaumes Ennemis est particulièrement desservis, dans le sens où il est souvent sous l'emprise du "doux sexe" comme on l'écrivait au temps des troubadours ? Un choix ? une évidence ? Est ce que les récits romans / historiques (type Jean D'Aillon, Robert Merle ...) avez-vous des auteur(e)s fétiches ?

Waouh Olivier, ca c'est de la question! Je vais essayer de tout traiter ;)
1) J'ai beaucoup lu de polars, des polars nordiques mais aussi et surtout des polars historiques avec une affection particulière pour le Juge Ti, que ce soit la version classique de Van Gulik ou celle plus humoristique de Frédéric Lenormand. J'ai grandi le nez dans Les Exbrayat de ma mère, j'aime bien les romans décallés. Mais mon premier amour ce sont les romans de cape et d'épées et plus tard l'historique (Druon et Jeanne Bourrin ont nourri mon adolescence, affection particulière pour les romans médiévaux, le grand feu, les pérégrines, etc... que de souvenirs!) qui ne m'a jamais quitté (Cornwell dernièrement). La SF, les grands classiques, m'ont bien sûr accompagnée au lycée (à côté des "vrais" classiques Stendhal, Zweig, la Fayette et toutes les pièces de théâtre possibles et imaginables...). J'avais aussi des phases "1 auteur" où je lisais tout mais vraiment tout: Jean Genet au lycée, puis Nothomb, Yasmina Réza...). Depuis 20 ans, je lis beaucoup de SFFF, je suis plus Fantasy que SF et à de rares exceptions près je ne lis pas de Fantastique (même si un des livres qui m'a le plus bouleversée ces 20 dernières années reste "le dieu dans l'ombre" de Robin Hobb). Je lis donc surtout de la fantasy, c'est un univers dans lequel je me sens chez moi, même si j'aimerais avoir plus de temps pour lire.
2) Il y a beaucoup d'auteurs germanophones en fantasy, particulièrement en jeunesse et YA. La plus célèbre étant sans doute Cornelia Funke, très peu (et très mal) traduite en France, que j'apprécie beaucoup.
3) Au début de Royaumes il y avait Khazan, mais peu à peu oui, il s'est fait un peu débordé par les filles ;) Bon, il y a quand même Mitril et les autres ruchiens, Muskin, des personnages secondaires tsets, ce n'est pas non plus un désert masculin et surtout, ce n'était pas prémédité mais j'écris ce que j'ai envie de lire, des personnages auxquels je puisse m'identifier et donc il y a beaucoup de filles, ca contre-balance un peu les histoires super-testotéronées qu'on trouve souvent en high-fantasy. Le second tome a son lot de personnages féminins aussi mais Okai y prend beaucoup de place. Dans le 3 pour l'instant c'est assez équilibré mais je ne suis pas sûre que ca le reste. On verra ;)
4) Sinon j'ai commis une fois une mini-nouvelle en forme de thriller (qui n'est plus disponible) mais je ne pense pas être faite pour ce genre. Un jour, plus tard (en retraite!), je tenterai peut-être d'écrire un roman historique. Mais pour ca il faut du temps, des recherches, une érudition dont je ne pense pas disposer à ce jour. Si je me lance, ce sera en connaissance de cause et en prenant le temps.
Voilà, j'espère avoir fait le tour de ta question! Et merci encore pour ta chronique de Royaumes. Happy.


Fantasy à la carte :

Bonjour Sylvie, que penses-tu des adaptations au cinéma ou en série des romans d'Imaginaire ? En as-tu apprécié certaines ou au contraire détesté ? Si oui, lesquelles ?

Je suis très bon public en ce qui concerne les séries. La dernière adaptation en date de Netflix "Shadow and Bone" par exemple est sympa, elle n'est pas parfaite mais elle est sympa. Je n'ai pas besoin d'exactitude, je ne suis pas puriste. Je pense que changer de média signifie automatiquement une réinterprétation, une transposition et si s'éloigner du texte rend l'histoire sur écran meilleure, ca ne me dérange pas. Je trouve the last Kingdom par exemple bien plus réussi que la saga de Cronwell trop centrée sur les batailles. À lire au bout d'un moment c'est lassant. Mais avec de belles gueules et plus de sentiments à l'écran ca passe. Ok, ce n'est pas de l'imaginaire, un peu quand même, de la légende pour le moins. Mais parfois c'est complètement raté. Cursed par exemple, c'est nul (vraiment nul) mais comme je n'ai pas lu le roman de Frank Miller, je ne peux pas comparer, peut-être que le livre est nul aussi ? En tout cas, ce n'est pas nul parce que ce n'est pas fidèle ou au contraire trop fidèle, c'est juste nul (à mon humble avis) parce que le jeu des acteurs sonne faux, etc... Sinon comme presque tout le monde, j'ai aimé GoT (et tant pis pour les puristes) et regardé avec plaisir le Seigneur des Anneaux (même s'il ne rend pas justice au livre), mais j'ai râlé pour le Hobbit (atroce) tout du long, même si je l'ai quand même regardé... En jeunesse, pour ne parler que des gros budgets, je trouve que les films, du moins le premier, de la série Hunger Games sont une réussite, comme pour le Labyrinthe (enfin, là pareil, surtout le premier). J'aime évidemment Harry Potter (celui qui n'aime pas lève le doigt, attention...). Et je croise très fort les doigts pour que Dune soit une réussite (ou du moins pas un désastre) cet automne, même si je ne suis pas fan du petit Chamalet.



Laura Collins :

coucou Sylvie, encore une question : combien de temps en moyenne te faut-il pour écrire un tome ( je parle évidemment du premier jet) et comment gères-tu ces moments où l'inspiration se fait plus capricieuse? as-tu souvent des moments de doute et là encore comment les gères-tu? Comment prends tu les critiques négatives que tu ne trouves pas justifiées ou qui te déroutent car elles te semblent décalées?

Je prends très sérieusement les critiques constructives tout en gardant à l’esprit que c’est toujours très subjectif. Qu’on se blinde ou pas les critiques négatives dont toujours un peu mal mais c’est le jeu. Heureusement jusqu’ici je n’ai jamais de choses trop méchantes.

 

L’écriture d’un tome ? C’est très variable et ca dépend souvent de la période (l’été je suis une machine à écrire). En moyenne je pense que 6 mois pour un tome ou un one-shot c’est à peu près ca. Et sinon pour les pannes, le mieux c’est de ne pas forcer, de faire autre chose et de laisser le temps au temps ;)



Olivier Bihl :

Bonjour et merci de tes réponses. Dis - moi quand je vois l'inventivité des êtres de la Ruche...je pense au cycle des Fourmis de Bernard Werber ? L'as-tu lu ?

Non, mais ca fait deux fois qu’on m’en parle donc je vais aller voir ca.



Alexielle : 

Bonjour Sylvie,

Vous avez parlé des Aventuriales : s'agit-il bien des Aventuriales de Ménétrol (63)? Serez-vous présente au mois de septembre ? (dites oui, pitié ^^). Avez-vous des salons/festivals littéraires favoris, ceux que vous ne manqueriez pour rien au monde ? D'ailleurs, plutôt petit salon ou grand salon ? Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans chacun de ces "formats" (outre la rencontre avec les lecteurs, c'est trop facile sinon lol) ?

Oui, c'est bien Ménétrol et j'y serai en septembre 2021, vaccinée deux fois, rien ne m'en empêchera. Et je serai ravie de t'y voir ! En 2020 (après 2 participations 2018 et 19) je n'ai pas pu passer la frontière à cause de la covid, mais là j'ai déjà réservé l'hôtel, j'arrive. Métronol a la taille idéale pour moi et l'orga est super sympa. Je suis impatiente aussi de voir ce que donnera l'Ouest Hurlant à Rennes l'an prochain et j'espère faire un jour un salon proche de Lyon/Grenoble pour rencontrer les vénérables ;) Outre les lecteurs, le truc sympa c'est de retrouver les copains ;) Le 38 est une petite maison à taille humaine, on fait la popotte entre nous et on discute toute la nuit comme des vieux amis qui se retrouvent. Ca a un côté bande de potes en vacances ;)



Fantasy à la carte :

Bonjour Sylvie, merci pour tes réponses sur les adaptations. C'est parfois un bon divertissement mais c'est vrai qu'il faut pas s'attendre à un calque car y a toujours un choix scénaristique. Mais je suis d'accord avec toi, le casting est super important car finalement seul compte le jeu des acteurs. Je n'ai pas vu Cursed mais j'ai entendu que des critiques dessus. Et si l'un de tes livres devaient être adaptés, tu aurais une préférence ?

Je pense que Royaumes serait génial à adapter, genre GoT, avec plusieurs continents et des destins convergents. Je n’ai pas vraiment d’idée d’acteurs, c’est tellement peu probable que ca arrive un jour que c’est difficile de se projeter ;) Juste Jessica Chastain (dans Huntmann and the icequeen) en Iridiane, ca ne serait pas de refus !



Nahe :

Bonjour Sylvie,

il est un peu tard pour souhaiter la bienvenue dans ce "mois de" mais l'intention est là et je constate que l'ambiance est bonne : pas de chaînes en vue...

J'ai terminé Sol, conquise par l'aspect social et le thème du climat, qui me parlent beaucoup. J'en retiens entre autres, les personnages qu'il faut sacrifier, si attachants soient-ils et je me pose une question, à l'inverse de la page blanche: y a-t-il des textes qu'il est impossible de boucler ?

Visiblement nous avions loupé ta question, mais voilà qui est réparé! Très heureuse que tu apprécies Sol. C'est toujours difficile de supprimer des personnages mais on ne peut pas faire périr que des méchants ;) Pour faire ressentir vraiment la détresse du personnage, il faut que le lecteur sente son drame. Quant aux textes pas bouclés, oui il m'est arrivé de commencer des histoires et de ne pas les finir. On se dit vaguement qu'on les reprendra un jour mais dans mon cas c'est utopique, quand j'abandonne un texte, je n'y reviens pas. Une fois sortie de l'histoire, de l'univers, je réussis rarement à y rerentrer.



Ramettes :

Bonjour,

Jai remarqué que dans Royaume les chapitres sont courts. Est-ce un choix ou c'est venu comme ça ? Cela donne un rythme assez vif pour passer un lieu à un autre ou dune scène à l'autre.
Si jai bien suivis les discussions tu ne fait pas un plan détaillé avant de te lancer. Mais au niveau du chapitre est-ce que tu visualises une scène et tu l'écris d'un coup. Où ça vient au fur et à mesure ?

Coucou Ramettes, dans tous mes bouquins les chapitres sont courts, autour de 1000 mots. C'est particulièrement frappant dans Royaumes parce qu'on change de trame à chaque chapitre et donc on perçoit plus la brièveté des chapitres. C'est un format qui me convient et qui permet un rythme adapté à l'aventure je trouve.

 Pour le plan disons que je sais où je vais et que je prévois des blocs de 10 chapitres que je scénarise avant d'écrire. Mais même là souvent je change en écrivant ;) L'idée de base est là mais la scène elle-même se met en place au moment de l'écriture. Je visualise la situation mentalement et les personnages m'emmènent un peu où ils veulent.




Dup :

Bonjour Sylvie,

Cela me fascine complètement quand les auteurs disent que leurs personnages les emmènent où ils veulent !!! Quel est ton sentiment dans ces cas là ? Est-ce que tu es émerveillée, exaspérée, blasée ?
Tiens, est-ce que tu leur parles parfois ? Je peste bien après mon chat, pourquoi pas après des personnages que tu côtoies depuis un sacré bout de temps non ?

Dans le cas des personnages de Royaumes, ca fait bientôt un an qu'ils sont tous les jours dans ma tête, que j'écrive ou pas, ils sont là, ca finit par créer des liens ^^. Je ne leur parle pas vraiment, du moins pas à voix haute, mais je les écoute (non je n'ai pas de psy - il y aurait trop à discuter, je préfère ne pas ouvrir la boite de Pandore, mais laisser mes diverses personnalités s'exprimer sur papier). Je ne prémédite pas toujours ce qui leur arrive. Plus ils prennent forme, plus ils prennent de l'épaisseur, et plus ils influencent le récit qui se plie forcément à leur caractère, leurs manies, leur personnalité. Je ne peux pas aller contre eux et même si je les zigouille de temps en temps, je me dis qu'ils l'ont bien cherché (à toujours aller se frotter à plus fort qu'eux ou à trainer dans des lieux pas fréquentables... je leur avais dit mais voilà, ils ne m'écoutent jamais) ou que franchement ils n'ont pas de bol, mais que c'est leur vie (et leur mort) et il faut qu'ils assument leur destin même s'ils ont tiré la mauvaise carte 😊



Ramettes :

En réaction à ta relation avec tes personnages. Quelqu'un de mon entourage avait l'habitude de dire "avant j'allais mal maintenant nous allons bien !" Ahahah ...

Du coup en pensant à personnages je repense à une scène où un guerrière (je reste évasive exprès) sort son épée et coupe le bas de sa robe (très visuel et symbolique) et je me suis dit que ça t'avais fait plaisir... et j'ai remarqué la forte utilisation des lames ... pas d'archer dans les combattants principaux... c'est pour éviter l'image de l'Amazone ? Tu as tes petites fiches avec les armes possibles ? Mitril va bousculer tout ça... mais ça c'est encore autre chose...

J'aime bien les lames, oui, j'avoue. On égorge, on poignarde, on combat à l'épée dans mes romans. Mais il y a des arcs aussi, parfois, des haches de guerre, pas d'armes à feu, mais comme tu le dis, oui, Mitril va nous dynamiter tout ca ^^
vendredi 14 mai 2021

DE SANG ET D'OS # 1 de T. A. Moore

 

Tome 1 -  LA TRAQUE



Éditions Bookmark
Collection MxM
400 pages
19 euros





L'avis express de Dup sur De sang et d'os de T.A. Moore

Un thriller pur et dur dans un monde vampirique mais pas que, on y croise quelques garous et sorciers, sur fond de romance MxM.

L'AVIS DE DUP




Je dois avouer dès le départ que j'ai beaucoup peiné sur cette lecture. Commencé deux fois, abandonné deux fois dès les premiers chapitres. La troisième fois fut la bonne, même s'il m'est resté en permanence un sentiment à la fois de lourdeur du texte et de brouillon par manque d'explications. Je m'en explique : par exemple, jusqu'à la fin je n'ai rien compris à la hiérarchie vampirique. On parle de vampire, de anakim, de bitter, mais aussi de dhampire et de cardinal. De même le VINE (Violent Infection and Nullification Enforcement),  j'ai fini par le mettre dans le même sac qu'une sorte de FBI et baissé les bras quant aux différents grades !

T. A. Moore démarre bille en tête dans l'action et les informations sur le monde dans lequel nous évoluons pleuvent, avec de nombreux termes non expliqués. Bref il faut s'accrocher pour avancer, ce qui n'est pas toujours agréable pour une lecture que l'on voulait juste divertissante...

Un monde proche du notre, mais où se côtoient humains et vampires essentiellement, mais aussi garous et sorciers. En plus ou moins bons termes, malgré "L'Accord" passé antérieurement. Lorsque nous faisons la connaissance de Luke Bennett, dit Took, il est embauché comme consultant dans la police locale d'une région où il ne fait pas bon être vampire. Des panneaux "Respirants seulement" fleurissent un peu partout devant échoppes, bars et restaurants. L'enquête dérape, sa nature de vampire est dévoilée, il est emprisonné. 

Madoc voit enfin resurgir des radars celui qu'il recherche depuis plus d'un an. Took était son amant avant, mais il était humain aussi avant. Et celui-ci ne se souvient de rien de cette année écoulée. Il ne sait qui l'a transformé, si ce n'est que c'était quelqu'un de proche. Cela n'aide pas aux retrouvailles...  

La traque est en fait un pur thriller dans un monde de vampires où ces derniers ne sont pas du genre bisounours et encore moins scintillants au soleil. Tout y passe, meurtres, attentats, tortures. Pour public averti donc car les scènes gores foisonnent où alternent éclaboussures d'hémoglobine ou d'ichor nauséabond. Ambiance lourde, pesante. L'intrigue cependant, à savoir l'enquête que mène Took alors que celle-ci a été enterrée par le VINE, maintient un suspens réel jusqu'au bout et révèlera quelques rebondissements bien venus.

Un thriller donc sur fond de romance MxM qui vient alléger un peu la noirceur de cet opus. Même si là encore cette relation n'a rien de simple. Ceci dit elle est bien amenée car les chapitres alternant entre Took et Madoc, on est aux premières loges quant à leurs émotions, leurs appréhensions et leurs craintes. Contre toute attente d'ailleurs, j'ai même réussi à trouver certaines scènes touchantes, tandis que d'autres sont, euh... pour public averti 😁

La traque est un thriller sombre, loin de la lecture divertissante que j'attendais, contenant tout un panel de créatures chères à l'Urban Fantasy, il y en a donc pour tous les goûts. Pour public averti cependant, c'est d'ailleurs précisé par l'éditeur en première page : "Ce livre contient des scènes et des propos pouvant heurter la sensibilité des lecteur.ice.s"