lundi 19 avril 2021

DERNIERS JOURS D'UN MONDE OUBLIÉ de Chris Vuklisevic

 



Éditions Folio SF
356 pages
8,10 euros





L'avis express de Dup sur Derniers jours d'un monde oublié de Chris Vuklisevic

Un premier roman de fantasy maîtrisé et passionnant qui n'augure que du bon pour les suivants.


L'AVIS DE DUP




Depuis la Grande Nuit, l'île de Sheltel a disparu du milieu du grand Désert Mouillé. 300 ans donc qu'elle vit en autarcie, séparée des grands continents. Sur cette île vivent deux ethnies : Les Dusties, habitants de la seule ville Dust, et les Ashims, rescapés de la Grande Nuit qui y ont accosté et ont été repoussés de l'autre côté de l'île où ils vivent de façon précaire.

Sheltel est gouverné par un roi, le Natif qui arbore fièrement ses marques de noblesse ou de royauté si vous préférez, à savoir des écailles. Mais l'influence de ce dernier est mise à mal depuis quelques années par l'aura grandissante de la Bénie, une sorte de prêtresse distribuant journellement ses richesses aux démunis sans cesse plus nombreux. Richesses qu'elle accumule de manière douteuse... La Bénie est conseillée par un vieux renard de marchand, Arthur Pozar.

Mais aux deux figures emblématiques de Sheltel que sont le Natif et la Bénie, il faut en ajouter une troisième, bien plus terrifiante, la Main, qui d'un baiser arrache la vie. Elle est chargée d'éliminer toute trace de consanguinité et de réguler la population de l'île : pour une naissance il faut une mort... La Main, toujours cachée sous ses longues robes et différents masques en bois, est secondée par cinq assistants, les Phalanges : Pouce, Index, Majeur, Anneau et Petit. 

Et cet équilibre précaire quoique immuable, va voler en éclats par l'arrivée d'un bateau pirate dirigé par la terrible Capitaine Kreed. Une vraie caricature celle-ci, avec jambe de bois et crochet à la place d'une main, un bandeau sur un œil manquant 😂. 

On va suivre l'évolution de la situation, jour après jour, à travers le regard de trois personnages qui alterneront la narration. La pirate, qui concerne la jeune Erika, fille adoptive de Kreed, le vieux marchand et la sorcière. À noter que cette dernière est toujours appelée la Main dans le texte et les chapitres la concernant intitulés La sorcière. Le tout est entrecoupé d'encarts : extrait d'un article du journal local, publication royale placardée, punition d'Erika et même de la publicité. L'ensemble permettant de mieux cerner l'univers ou certains personnages (Si vous arrivez à tout lire, car la police choisie est riquiqui. Mes yeux de vieille ont regretté de ne pas avoir ce roman sur ma liseuse !).

Et ce qui est génial c'est que ces trois personnages si différents en tout point, vont être tour à tour et pas dans le même ordre : violents, cruels voire même meurtriers, mais aussi vulnérables et désemparés, dépassés. Bref touchants, et les suivre s'avère passionnant, et même poignant car le titre de l'ouvrage ne cache pas la direction inéluctable du récit.

Les pouvoirs magiques de certains personnages sont juste géniaux, mais l'utilisation de ces pouvoirs encore plus. Je me suis régalée à découvrir cet univers plein de noirceur mais si singulier créé par Chris Vuklisevic, entrainée par une plume fluide et maîtrisée, extrêmement immersive. Un premier roman qui met la barre haute pour les suivants, une autrice que je suivrai assurément ! 


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