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lundi 16 mars 2026

LA GARDIENNE de Sonja Delzongle

 


Fleuve Éditions
Collection Fleuvenoir
425 pages
21,95 euros




L'avis express de Dup sur La gardienne de Sonja Delzongle.


Percutant, glaçant, Sonja Delzongle au sommet de son art.


L'AVIS DE DUP



C'est au cœur du Morvan, dans une forêt sombre et dense, près d'un lac que va s'installer la famille Olsen. Frode le père, architecte de métier, y a construit une maison en bois typique de sa Norvège natale. Frode et Mathilde, ainsi que leurs deux filles, Gerda et Rune vont y vivre en autarcie presque complète, au plus près de la nature.

Décision collégiale ? Que nenni ! C'est Frode qui l'impose, comme une fuite, depuis que sa cadette, Rune a été agressée dans son collège à Lille. Il n'a cure des avis de sa femme et de son aînée, seule Rune compte à ses yeux et il va poursuivre l'éducation de cette dernière comme il l'avait commencée, la considérant comme un garçon, son fils...

Ce havre de paix baptisé la Petite Norvège n'est en fait qu'une illusion car l'isolement recherché s'avère être au cœur d'une affaire policière non résolue de disparitions d'adolescentes depuis quelques années. Et puis l'attitude du père vis à vis de sa cadette soulève bien des questionnements et des rancœurs au sein de la maisonnée. 

La gardienne est un roman psychologique sombre et puissant. La première moitié du roman devient un huis clos étouffant alors que le côté protecteur du père s'efface au profit du côté oppresseur. Et puis le récit bascule, s'ouvre. Respire-t'on mieux pour autant ? Mouarf, c'est Sonja Delzongle à la barre, et la noirceur se poursuit, parfois même un peu trop. C'est un crève-coeur de voir le sort s'acharner sur ces personnages déjà bien malmenés au début du récit ! Mais la plume immersive de l'autrice nous empêche de nous détacher de ce récit hypnotique.

L'aspect psychologique de chaque personnage est parfaitement travaillé et chacun apporte son lot d'émotions. Aversion, rejet, épouvante, colère, pitié, empathie. Un véritable maelstrom parfois lorsque l'un d'entre eux vous fait passer par tout cela successivement. Les thèmes de l'emprise psychologique du mâle dominant, de l'impact d'une éducation traumatisante sur la psyché sont extrêmement bien creusés et c'est passionnant. Glaçant, mais passionnant.

Et puis l'autrice n'a pas son pareil pour glisser au milieu de l'horreur un personnage secondaire qui réconforte, soulage, et réconcilie avec la nature humaine. Gros coup de cœur pour le capitaine de gendarmerie à la retraite, André Moulin. ❤ 

La gardienne est à la fois un polar à rebondissements et un thriller psychologique. Il est profond et troublant, glaçant et flippant. Ma foi, tout ce que l'on cherche dans ce genre de roman. Sonja Delzongle confirme la maîtrise de son art. Un roman que je conseille à tous les amateurs du genre !

* SP papier *



jeudi 15 février 2024

NOIR COMME L'ORAGE de Sonja Delzongle

 


Fleuve éditions
Collection fleuve noir
553 pages
22,90 euros





L'avis express de Dup sur Noir comme l'orage de Sonja Delzongle

Une enquête haletante intimement liés aux caprices de la météo qui ne laisse aucun répit au lecteur.  



L'AVIS DE DUP




Noir comme l'orage porte bien son nom et c'est dès les premières lignes que nous nous trouvons au coeur de la tourmente. Il y a eu un énorme orage cette nuit sur Oléron et le lendemain à l'aube, un couple de touristes fait une bien macabre découverte. Quatre corps décédés sur une plage, les parents et deux enfants, emballés dans du papier alu et raccordés avec du fil de cuivre à un poteau métallique... cuits en papillote en gros ! 

La gendarmerie locale fait appel au SRPJ de la Rochelle et c'est Max qui va devoir y aller alors qu'il avait prévu un weekend sympa avec sa douce. Ce qu'il ne sait pas alors, c'est que ce n'est que le début d'une enquête aux multiples ramifications. Déjà, comme il ne tardera pas à l'apprendre, lorsqu'il y a un orage dans le coin, il ne reste pas stationné sur Oléron mais balaye toutes les îles alentours. Et le ou les tueurs le savaient car des scènes du même acabit vont être découvertes sur les îles de Ré, d'Aix et de Madame. 

Sonja Delzongle nous entraîne dans une enquête d'investigations qui semble aller à toute vitesse, car il y a sans cesse de nouvelles découvertes, de nouveaux rebondissements. Au volant de sa moto, Max n'arrête pas de sillonner la région, chaque nouvel élément l'entraînant ailleurs et donne un effet boule de neige incontrôlable, et surtout hypnotisant pour le lecteur. Elle capte notre intérêt dès le début et jamais ne nous relâche ! Le suspens monte vite, d'autant que cela devient une course contre la montre car très vite les équipes d'investigations comprennent qu'au prochain orage, ces exécutions macabres risquent de reprendre. 

Et puis la situation se complexifie encore quand Max se retrouve impliqué, bien malgré lui, alors même qu'il cache lui aussi un secret personnel, ignoré de sa hiérarchie, mais qui pourrait être à double tranchant dans l'enquête en cours... Heureusement qu'il peut compter sur son adjoint, au courant, pour avancer lorsque cela devient compliqué pour lui.

Une enquête passionnante, tortueuse comme sait si bien les faire Sonja Delzongle, qui nous force à cogiter, à supputer, à plonger dans les fausses pistes et à reprendre à zéro le raisonnement... j'adore ! 

Comme toujours avec cette autrice, le côté humain de ses personnages nous percute car leur psychologie est parfaitement décortiquée, et ici exploitée à fond en choisissant un personnage principal trans embarqué malgré lui dans la tourmente. Elle nous fait partager ses doutes et ses réflexions, ses convictions et ses attentes et on ne peut que développer une forte empathie pour son Max.

Noir comme l'orage ne vous laissera aucun répit, je vous le promets ! Il a été responsable de deux petites nuits consécutives (et d'une bonne crève...private joke), mais reprendre la lecture après mes ennuis oculaires avec un bon Delzongle a été un bonheur que je n'ai pas boudé. C'est un coup de cœur bien évidemment !

 

Sonja Delzongle  sur Bookenstock :

jeudi 8 juin 2023

LA FAILLE de Franck Thilliez

 


Fleuve Éditions
Collection Fleuve Noir
504 pages
22,90 euros





L'avis express de Dup sur La faille de Franck Thilliez

Un seul mot : magistral !


L'AVIS DE DUP


Moi, Dup, maso de service, viens vous présenter la énième claque que m'a assénée Franck Thilliez... À chaque fois j'ai peur de développer un sentiment de lassitude vis à vis de Franck Sharko et Lucie Hennebelle. La faille est le huitième volume qui les réunit, mais avant cela il y a eu cinq livres ne concernant que Sharko et deux avec Lucie seule. Je ne voulais pas compter, mais finalement... Tant de livres, et jamais une déception.

J'aimerai presque faire abstraction de l'enquête policière qui échoit à l'équipe de Sharko pour ne parler que de la tourmente émotionnelle que va traverser cette famille de flics soudée de la Crim de Paris. Parce que c'est ainsi que je la vois : Franck, Lucie, Nicolas, Lisa  et Pascal , une famille. La faille m'a remué les tripes comme jamais je crois un thriller ne l'a fait. Parce que les coups de flip, le stress, le suspense, je m'y attends toujours. En revanche d'avoir le coeur broyé par ce que traversent des personnages qu'on apprécie, c'est raide.

Une enquête banale, la traque d'un nécrophile qui dérape et un des membres de l'équipe reste au sol. Sharko en tant que commandant responsable est mis sur la touche avec l'IGPN (la police des polices) sur le dos. Cela suffit à le faire sortir des rails, creuser, approfondir, en sous-marin. 

Et tout cela va l'amener sur autre chose, de bien plus perturbant, de bien plus profond et disons le tout de go, d'indicible. Et lorsque ses soupçons se confirment, Sharko est comme un pitbull, il ne lâche rien et va nous traîner dans la tourmente.

Cette fois ci Franck Thilliez s'attaque au sujet ultime, voire tabou, la mort. Et il y va franchement, ayant trouvé l'angle parfait, scientifique, à la pointe. Exploration des EMI (Expérience de mort imminente) positives, mais négatives également, étude des activités électriques cérébrales, etc... On frôle parfois l'invraisemblable, mais toujours les faits parfaitement documentés de l'auteur nous ramènent à la triste et froide réalité. Certaines scènes sont très dures, très sombres, mais comme toujours justifiées et jamais gratuites.

Et en parallèle, la tourmente émotionnelle que traverse l'équipe avec Lisa enceinte et en état de mort cérébrale. Que ce soit l'enquête ou la situation de Nicolas, Franck Thilliez explore les aspects juridiques, scientifiques et philosophiques de cet état proche de la mort. Il éclaire cette frontière floue entre la vie et la mort, aborde le droit à l'euthanasie et à l'inverse les justifications de l'acharnement thérapeutique. Sujet de société s'il en est qui prête à débat, où le titre du roman est à prendre au sens propre comme au figuré.

Cette nouvelle enquête est sombre, glaçante mais surtout bouleversante. Je savais que l'auteur ne ménageait pas ses personnages, mais là on est passé au pallier supérieur. Que d'épreuves ! La faille est un roman qui une fois démarré, ne peut plus être reposé, nuit blanche assurée. 

Un incontournable pour les amateurs de thrillers.


Franck Thilliez sur Bookenstock :

lundi 20 juin 2022

LABYRINTHES de Franck Thilliez

 



Fleuve Éditions 
Collection Fleuve noir
384 pages
21,90 euros






L'avis express de Dup sur Labyrinthes de Franck Thilliez

Magistralement diabolique !


L'AVIS DE DUP



Oh. Mon. Dieu. Cet auteur est un génie, mais en même temps un fou furieux. Quel pari audacieux ! Je l'imagine très bien en pleine écriture de ce roman se frotter les mains en jubilant de savoir combien il va balader son lecteur. Combien il va ravir ses lecteurs assidus lorsque ceux-ci vont commencer à voir le lien entre Labyrinthes et d'autres de ses romans. Vous avez pratiquement toute la liste des Thilliez en fin de chronique, si j'étais vous, je réviserai... 😁

Je fais assurément partie de la deuxième catégorie, attendant chaque année "mon" Thilliez. Et chaque année, c'est le même rituel, je ne lis JAMAIS la 4ème de couv pour me garder la surprise, je fuis les avis qui fleurissent toujours très vite, je me préserve pour une totale surprise. Sharko, pas Sharko, je ne veux pas savoir.

Labyrinthes joue avec le thème de la mémoire défaillante, un thème cher à l'auteur. Peut-on vraiment se fier à notre mémoire ? Franck Thilliez jongle avec ses personnages, passant de l'un à l'autre, les plaçant où il le souhaite, comme un joueur d'échec, comme les parties en cours dans ce roman...

Dés le premier chapitre, qui fait office de prologue mais qui s'appelle chapitre 1 pour mieux brouiller les pistes, il nous annonce la couleur. "Vous devez savoir qu'il y a cinq protagonistes dans l'histoire que je vais partager avec vous. Toutes des femmes. La journaliste. La psychiatre. La kidnappée. La romancière." Et la cinquième ? " Elle n'apparaît que plus tard, elle est la clé de tout. [] Et, concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s'entremêle."

Les romans de Franck Thilliez où n'apparaissent pas Sharko, je les prends toujours comme un jeu. Mon carnet et mon crayon pour prendre des notes ne me quittent pas. Je gratte comme une malade, relevant des détails que je pense judicieux, notant les pages pour pouvoir y revenir si besoin. Et mon dieu, à chaque fois je me fais avoir. Certains détails sont cruciaux, d'autres au contraire absolument inutiles et m'auront embrouillés complètement... et à chaque fois, lorsque apparaît la solution, à la toute fin bien sûr, une furieuse envie de tout relire me prend !

La couverture de ce roman propose de jouer, de s'armer de son crayon et d'essayer de sortir. Il parait que c'est un vrai labyrinthe avec un seul chemin existant. Le récit de Franck Thilliez fait de même, mais avec le sentiment inverse. Plus on avance en le suivant, plus on a l'impression qu'il nous mène en bateau, qu'il nous guide à chaque nouveau chapitre sur une voie sans issue ! Du grand art. Magistral encore une fois !


Franck Thilliez sur Bookenstock :  fan moi ? 😁

lundi 14 juin 2021

1991 de Franck Thilliez

 



Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
504 pages
22,90 euros






L'avis express de Dup sur 1991 de Franck Thilliez

Première confrontation du tout jeune inspecteur Sharko, 30 ans, avec le Mal.


L'AVIS DE DUP




Voilà un rendez-vous annuel que je ne raterai pour rien au monde : le nouveau Thilliez, et je sais que je ne suis pas la seule. Il me faudrait deux déceptions coup sur coup pour arrêter, comme cela s'est produit avec Maxime Chattam par exemple... Franck Thilliez est pour moi le meilleur auteur de thriller français, talonné par Karine Giebel soit, mais en tête toujours. C'est la garantie d'une lecture coup de cœur, et 1991 ne déroge pas à la règle. Deux longues soirées complètement accro et scotchée à mon livre, deux toutes petites nuits et des immenses valises sous les yeux, Sharko m'a encore subjuguée. 

Mais là, je dois dire, encore plus et je m'explique : Sharko nous le suivons depuis Train d'enfer pour ange rouge, qui remonte à 2004, où il a déjà la quarantaine. Depuis nous avons eu une dizaine de romans sur ce personnage ! Il a eu le temps d'évoluer, de traverser des enfers, des épreuves, d'avancer dans la vie et mon image du Sharko d'aujourd'hui est un flic mûr, entier, parfois blasé, à coup sûr marqué par son métier. Et là, son auteur lui redonne un grand coup de jeune, et c'est complètement déroutant au début. Avouez que passer du statut de grand chef de la Crim puis entendre tout d'un coup qu'il se fait traiter de bleu-bite déstabilise un peu !

Mais Franck Thilliez l'a tellement dans la peau ce Sharko que très vite on le retrouve. C'est bien lui, c'est bien sa façon de penser... en plus jeune et c'est génial. Et puis l'auteur n'a pas son pareil pour nous pondre une, non deux intrigues tarabiscotées qui tiendront n'importe quel lecteur en haleine. Avec toujours cette incursion dans le monde de la médecine, avec un cas particulier, pas toujours rarissime mais qui vient bien embrouiller les pistes : j'adore ! Avec toujours cette façon de jouer avec le lecteur : j'adore encore plus !

Je ne vais d'ailleurs pas m'attarder sur les affaires que démêle notre personnage principal, pour plutôt me centrer sur la particularité de cet opus, c'est-à-dire sur le fait que tout se déroule en 1991. Rétroprojecteur sur une période pourtant pas si éloignée, 30 ans, et quel virage a pris notre monde depuis !!!

1991, c'était les téléphones fixes, le bottin, et les cabines téléphoniques dans les rues. Stressant et pas très adapté lorsqu'il s'agit d'appeler les urgences ou les renforts... Franck Thilliez en joue beaucoup : reprendre la voiture, revenir sur ses pas, voir au village précédent pour trouver la fameuse cabine, tout en espérant qu'elle marchera !!! Et les kilomètres à pied dans les rues de Paris pour déposer des tracs, des annonces, des demandes de renseignements...

1991 c'était encore toutes les infos sur papier, les archives monstrueuses de toutes les institutions, de tous les médias, le tout début de l'informatique grand public. Quelques ordinateurs tapent l'incruste au 36 quai des orfèvres, mais ils prennent la poussière sous le plastique d'emballage, encombrent plus qu'autre chose quelques bureaux. Sharko a besoin d'éplucher la liste des collégiens d'un village en Haute Savoie : il prend sa voiture, se cogne 5 heures de route, une chambre d'hôtel et passe la journée dans une pièce poussiéreuse du dit collège à feuilleter des cartons et des cartons. Et encore, il a eu de la chance là, c'était à peu près rangé...

1991, c'était les balbutiements de l'ADN. La période charnière pour les flics où les preuves irréfutables n'étaient encore que les empreintes digitales. Lorsqu'on suit un adulte en 91, ça donne des hommes et des femmes nés en 60 ou avant, et Franck Thilliez nous fait découvrir quelques théories psychiatriques de l'époque qui font froid dans le dos. 

1991, c'était encore plein de détails qui aujourd'hui semblent tellement impensables ! Ça fumait et picolait sec parfois dans les bureaux du 36. Les dépositions comme les gardes à vue étaient... musclées (doux euphémisme)! Les arrangements avec la loi également : il y a la loi, mais il y a les règles au-dessus. Et les flics qui constituent cette famille du 36, ils ont leurs règles, n'en doutez pas une seconde.

Bref, 1991, c'était passionnant encore une fois. Bien flippant comme toujours. En revanche je suis curieuse d'avoir l'avis du jeune lectorat, celui né vers 90 ou après. Chez moi ce sera chose faite bientôt, car j'ai une de mes filles née en 93 qui est accro aux écrits de Franck Thilliez !

jeudi 4 juin 2020

IL ÉTAIT DEUX FOIS de Franck Thilliez




Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
495 pages
22,90 euros





L'avis express de Dup sur Il était deux fois de Franck Thilliez


Bluffant, magistral !
Il sort aujourd'hui 4 juin, foncez !!!



L'AVIS DE DUP




Et bien comme d'habitude, Franck Thilliez m'a bluffée ! Ce dernier roman est un coup de maître, sans conteste. Je crois savoir qu'il conseille de lire Le manuscrit inachevé avant d'entamer la lecture de Il était deux fois. Sage conseil, et si vous ne l'avez pas lu, c'est encore mieux de le lire juste avant, ainsi tout sera bien présent dans votre tête. En revanche, si vous désirez faire l'impasse sur le premier, de grâce, ne lisez pas la fin, à partir de "la note de l'auteur". 

Un coup de maître je disais car sieur Thilliez imbrique l'intrigue de son dernier roman dans celle déjà bien trapue du Manuscrit inachevé. Sérieusement, c'est bluffant ! Je m'explique car je sens que je ne suis pas très claire. J'avais dit : " Monsieur Thilliez est écrivain donc, et il nous raconte l’histoire d’un manuscrit inachevé d’un écrivain (Caleb Trackman) qui raconte l’histoire d’un écrivain ( Léane) (enfin une, mais au pseudo masculin) et monsieur Thilliez ne finit pas son manuscrit !!!J'ai presque regretté de l'avoir déjà lu il y a deux ans, c'est trop loin deux ans, mais peut-être bien que je le relirai cet été pour mieux en mesurer les subtilités. Et puis également pour jouer avec le parcours d'énigmes qu'il propose ainsi à la toute fin ! Trop bien !

La 4ème de couv ET le titre aurait dû me mettre la puce à l'oreille. La disparition d'une gamine de dix-sept ans, Il était DEUX fois, mais non, j'ai foncé tête baissée dans ma lecture. Gabriel, gendarme, vient de perdre d'un coup douze ans de sa mémoire. Nous sommes en 2020, il refait surface à Sagas où il est toujours à la recherche de sa fille, Julie, disparue en 2008 : amnésie psychogène atypique. Il va découvrir qu'il est en 2020, qu'il n'est plus gendarme et n'habite plus à Sagas. Et plein d'autres choses toutes plus désagréables les unes que les autres, que je tairais pour vous laisser la surprise, mais la pire : sa fille est toujours portée disparue. 

Un meurtre vient d'avoir lieu sur Sagas et tout pointe Gabriel du doigt... En cherchant à se défaire de cette accusation, il va retomber sur une piste croisant à nouveau l'affaire de la disparition de Julie. Se greffant comme une tique sur son ancien coéquipier Paul, Gabriel ne lâchera jamais l'affaire malgré sa mémoire en vrac. Un leitmotiv le mène : retrouver Julie. 

On suit toujours avec délectation les personnages de l'auteur entraînés sur des pistes improbables, se ramifiant sans cesse, mais il faudra passer les 200 premières pages pour voir surgir quelques feuilles manuscrites concernant la fin d'un roman. Et 50 autres encore pour voir surgir Caleb Trackman, l'auteur dépravé auquel nous nous étions déjà frotté. Et ce Trackman n'est qu'une petite partie du monde horrifique dans lequel Franck Thilliez va nous enfoncer... On ne voit plus le monde de l'art et des artistes avec le même regard après une telle lecture... Misère ! La perversion humaine poussée à son extrême !

Dire que j'avais dit du Manuscrit inachevé que c'était noir, et bien là voyez vous, c'est pire, mais je ne sais pas quelle couleur c'est pire que noir ! Il était deux fois est grandiose, bluffant (oui je me répète, mais je ne vois pas d'autres termes plus explicites), j'en suis encore toute remuée, émerveillée par ce talent. C'est vraiment un must cet auteur ! Énorme coup de cœur.


Franck Thilliez sur Bookenstock :



lundi 29 avril 2019

LUCA de Franck Thilliez


Parution le 02/05/19


Couverture de Luca de Franck Thilliez

Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
554 pages
22,90 euros


4ème de couv :

« Existe-t-il encore un jardin secret
que nous ne livrions pas aux machines ? »


Partout, il y a la terreur.Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.
Partout, il y a la terreur.Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.
Partout, il y a la terreur.Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.
S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.
C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.






Franck Thilliez continue à alterner les one-shots avec les romans concernant son couple au boulot comme à la ville : Sharko et Hennebelle. Cette année nous retrouvons donc ces derniers, toujours entourés de la même équipe de la Criminelle de Paris. Sauf qu'elle n'est plus au mythique 36 , mais maintenant au Bastion. Un déménagement pour des locaux plus fonctionnels, un changement que Sharko a du mal à accepter. Il se sent vieux, un dinosaure dans ce nouvel environnement multi-connecté. Un requin pour ses co-équipiers, à l'image de celui qui a été gravé sur la porte de son bureau.

Un dinosaure ronchon quand il n'a pas de grain à moudre. Mais l'auteur va se charger de lui mettre du pain sur la planche !  Une affaire pour le moins sordide va leur tomber dessus et faire resurgir le dangereux squale en mode chasse ! Et Sharko ne lâche jamais rien, il fonce et se moque bien souvent de sa sécurité, voire de la légalité. Seule la sécurité de ses coéquipiers l'emporte et tempère ses actions...

En guise de prologue, un couple en mal d'enfant qui va "louer" en toute illégalité un utérus jeune et volontaire. C'est glauque, c'est dérangeant, le tout dans une chambre d’hôtel sordide en banlieue parisienne. Le sujet sera-t'il donc la GPA (Gestion Pour Autrui) ?

Puis l’enquête démarre, un an après les faits du prologue. A l'aube, un corps est retrouvé mutilé, défiguré et à moitié dévoré par un animal dans une fosse en forêt. Mort depuis quelques jours. Sur son poignet, un tatouage : la date du jour, une heure, 17h02. Le même jour, un homme perturbé et stressé, meurt quasiment dans les bras de Nicolas Bellanger, le capitaine de Sharko, devant les portes du Bastion, juste après lui avoir confié une lettre. Il est 17h02.

L'auteur de la lettre donne le ton, se moque des flics mais elle est pleine de prédictions, de menaces, annonce la suite des évènements et retient forcément l'attention. Elle dénonce l'emprise des GAFA (Google Apple Facebook Amazon) dans lequel notre monde s'englue et annonce une opération coup de poing pour ouvrir les yeux de nos concitoyens.

Cette enquête va s'avérer tentaculaire, multi-ramifiée et donner du fil à retordre à tous les membres de l'équipe. Le darknet, le net, BigData, le transhumanisme, les manipulations génétiques, l'eugénisme, les déviances extrêmes, Franck Thilliez explore et creuse tout. C'est souvent violent, parfois choquant, mais ce que l'auteur expose, on en a tous entendu plus ou moins parler déjà. Et là, on prend peur, je vous promets ! D'autant que ce roman se présente en deux parties et que l'on se prend déjà une grosse grosse claque à la fin de la première partie. Alors qu'il ne reste que quelques détails à éclaircir, toute l'affaire va rebondir de façon ahurissante et la plongée en enfer se poursuit...

Comme à chaque roman de cet auteur, tout s'enchaîne à la perfection. C'est à chaque fois un puzzle gigantesque. Chaque chapitre place une pièce clé, effrayante. Il y en a 77... Si Lucie et Sharko sont un poil en retrait dans cet opus, Thilliez va faire la part belle à Nicolas Bellanger que j'adore tout autant.

Luca c'est 550 pages haletantes que l'on aimerait pouvoir lire d'une traite tant c'est passionnant. Cependant les sujets abordés sont durs et ont nécessité pour ma part quelques pauses...digestives. Le weekend prolongé de Pâques a été juste parfait pour boucler ma lecture. Franck Thilliez reste le maître incontesté des auteurs de thriller français. Luca est donc un incontournable pour les amateurs du genre, un coup de coeur bien évidemment.



jeudi 14 février 2019

LARGO CALLAHAN # 1 de Michel Robert



# 1 - Six petites gouttes de sang


Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
396 pages
19,90 euros


4ème de couv :


Largo Callahan vit sur le fil, écartelé entre le monde des Apaches et celui des Blancs. Le métis ne connaît qu'une loi, la sienne. Ses passions : les armes, les femmes, et la vengeance, car il a juré d'expédier en enfer les assassins de son père. Avec sa bande de hors-la-loi, il écume l'Ouest, toujours prêt à un mauvais coup, du moment que ça rapporte.
Jusqu'au jour où une comtesse italienne, aussi belle que mystérieuse, lui propose une mission dangereuse et bien payée.

Largo, ayant cruellement besoin de dollars, accepte. Mais cette aventure va l'entraîner bien plus loin qu'il n'aurait pu l'imaginer. Sur un territoire où le danger n'a rien d'humain.





Blanc de peau, les traits fins et les yeux bleu saphir, rien en apparence ne trahit l’héritage apache qui coule pour moitié dans les veines de Largo. Rejeté par sa tribu à la mort de sa mère, alors qu’il venait d’assister âgé de 14 ans au meurtre de son père, Largo vit depuis parmi les Blancos avec la vengeance chevillée au corps. Il n'a jamais avoué à son entourage sa qualité de métis de peur d'être rejeté là aussi.

Il n’est pas exactement du bon côté de la loi et lorsque nous faisons sa connaissance, il vient de réaliser avec sa bande de hors-la-loi une attaque d’un gros convoi d’armes dernier modèle. De quoi redorer son blason de chef de bande et de remettre du beurre dans les épinards. L’originalité du plan qu’il a conçu nous fait adhérer de suite à ce personnage principal qui tire profit au mieux de sa double hérédité, apache et irlandaise. Il a la connaissance du terrain et des chevaux d’une part, et des aptitudes au tir d’autre part qui ont été peaufinées par des années d’apprentissage aux côtés d’un mentor qui n’est autre que Harper Cassidy.

Seulement voilà, la revente des armes ne se passera pas comme il faut et la bande de notre pistolero perd tout. Heureusement, le hasard lui fait croiser le chemin d’une belle comtesse italienne en fort mauvaise posture. Cette dernière, froide et assez énigmatique lui proposera une mission, puis deux, le tout grassement rémunéré.

Ambiance vraiment western donc pour ce nouveau roman de Michel Robert qui était connu jusque-là pour sa série de pure fantasy : L’agent des ombres que je ne connais pas, honte à moi. Ambiance parfaitement retranscrite d’ailleurs, j’avais l’impression d’être plongé dans Le bon, la brute et le truand. Dommage que Largo soit brun de cheveux car je l'aurai bien assimilé à Clint Eastwood ! Même si, je l’avoue, j’ai eu beaucoup de mal au début de cette lecture tant le texte est noyé dans de longues descriptions parfois euh… inutiles, comme connaître les détails vestimentaires de chacun des membres de la bande de Largo par exemple.

Il faut donc s’accrocher au début car la mise en place de l’histoire est longue, mais ensuite l’auteur nous ferre véritablement. Tout y est, les grands espaces brûlés au soleil du Nouveau-Mexique, les Tuniques Bleues, les saloons, les règlements de compte expéditifs, les bordels, les shérifs avec l'étoile. On a même droit à l’attaque d’un train blindé, j'ai adoré.

Publié dans la collection fleuve noir et non outrefleuve, quelle n’a pas été ma surprise de voir s’immiscer dans ce roman une part de fantastique bien mystérieuse ! Ça, plus le fait que l’auteur nous laisse en pleine action sur un screugneugneu de cliffhanger, inutile de vous dire que je serai au rendez-vous pour la suite de ces aventures !

Malgré une écriture très narrative, très (trop ?) descriptive, Michel Robert nous entraîne dans une ambiance résolument western à la conquête de l’Ouest américain, aux côtés de personnages charismatiques. Une part de fantastique vient pimenter le tout et annonce une série prometteuse. Un récit plein de poudre et de poussière, de chevauchées et de bastons, de sang et d’adrénaline. Mon bémol m’empêche d’en faire un coup de cœur mais pas de vous conseiller de prendre le train en marche : la suite devrait dépoter !!!


lundi 21 janvier 2019

L'ERREUR de Susi Fox




Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
360 pages
19,90 euros


Résumé :

Sasha a toujours voulu un bébé. Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu'au jour où elle se retrouve à l'hôpital pour subir une césarienne d'urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu'elle s'attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu'on lui amène n'est pas le sien. La jeune mère n'a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre, ni sa meilleure amie, appelée au secours. Pour tous, Sasha souffre d'un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l'instinct d'une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences. Si le bébé devant elle n'est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?





Cela fait huit années que Sacha et Mark, son mari, essayent d’avoir un enfant. Un véritable parcours du combattant ponctué de deux fausses couches, parsemé de recours à toutes les recettes farfelues existantes de par le monde. Pourtant Sacha est médecin, légiste soit, mais elle était prête à tout essayer. Inexorablement, tous les mois survenait la déception et le moral de plus en plus en berne. Mais finalement, le miracle a eu lieu.

Lorsque nous découvrons Sacha, elle se réveille dans une chambre d’hôpital, elle est seule, son ventre est tout flasque et sous le pansement la cicatrice d’une césarienne. Elle se souvient : l’accident et le sang, tout ce sang qu’elle a perdu. Gros stress, où est son bébé ? Et comment va-t-il, elle n’en était qu’à 35 semaines ! Elle va faire un foin du diable pour être emmenée illico en néonatalité. Hélas… devant cette crevette intubée… rien… rien du tout. C’est immédiatement clair dans sa tête, ce Tobias n’est pas son bébé. Il y a eu inversion, son bébé doit être un des autres !

Sauf que lorsqu’elle verbalise ses doutes, personne ne la croit. Ni son mari, ni son père et encore moins les médecins, quant au personnel médical, il se hérisse. Bras de fer à peine commencé que perdu : Sacha est internée dans l’aile psychiatrique de l’hôpital. Avec ténacité, pugnacité, Sacha va continuer seule à enquêter, chercher son enfant, puis la preuve de l'erreur.

Ce récit dont Sacha est la narratrice s’étale sur une semaine, jusqu’à sa sortie de l’hôpital. Il sera entrecoupé de chapitres concernant Mark qui précèdent cette période, comme des flash-back. Cette alternance accélère la lecture tout en nous mettant au plus près de la psychologie des deux protagonistes principaux de ce récit. L’empathie fonctionne pour l’un comme pour l’autre et notre cœur n’arrête pas de faire le yo-yo pour l’un contre l’autre, sans arrêt.

Inutile de vous dire que ces 360 pages sont porteuses d’une charge émotionnelle énorme, intense, qui ne retombe jamais. Susi Fox étant elle même médecin, les sujets abordés ici comme l’infertilité, les grossesses à risque, les accouchements prématurés et leurs impacts psychologiques sont traités au plus près de la réalité. À tel point qu’on se fait balader, qu’on ne sait jamais qui croire dans cette histoire et la fin arrive et vous cueille complètement par surprise. Du grand art ! Une autrice (encore une) que je suivrai attentivement. L'erreur est son premier roman, quel coup de maître !



lundi 14 mai 2018

LE MANUSCRIT INACHEVÉ de Franck Thilliez





Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
528 pages
21,90 euros


4ème de couv :

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n'est pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l'enlèvement de sa fille Sarah. L'agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d'autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l'unique vérité est que tout vous devient étranger ?





Avoir le nouveau Thilliez en main fait partie des plaisirs de lectrice, l'avoir avant les autres, de celui de blogueuse. Ce nouveau roman est un one-shot, un hors-série "Sharko-Hennebelle". Tous les ans j’appréhende, tous les ans je suis scotchée, et cela fait 14 ans que cela dure. Oui oui, depuis Train d’enfer pour ange rouge en 2004 ! À chaque fois il m’embarque, à chaque fois il me surprend, j’ai toujours l’impression que le dernier surpasse les précédents.

Monsieur Thilliez est écrivain donc, et il nous raconte l’histoire d’un manuscrit inachevé d’un écrivain qui raconte l’histoire d’un écrivain (enfin une, mais au pseudo masculin) et monsieur Thilliez ne finit pas son manuscrit !!! Rhaaaa cette fin ! Énorme ! Même si l'envie de tordre le coup de l'auteur est vraiment là.

Et avec tout ça, vous croyez qu’il nous perd ? Que nenni, tout est bien agencé, on nous tient bien par la main pour nous enfoncer dans cette spirale infernale. Si parfois on croit à un labyrinthe, hop on est de suite ramené sur le bon chemin. Et on s’enfonce, on s’enfonce, jusqu’au point final où là il nous laisse nous débrouiller pour remonter… Seul... Argh !!!

Deux histoires parallèles :
- Une enquête policière dans les environs de Grenoble et d'Annecy. Une histoire sordide mais passionnante. Vic, le flic sur l’affaire, est un fin limier qui souffle d’hypermnésie : son cerveau enregistre et conserve tout. Une vraie poubelle selon lui. Une vie sociale en lambeaux et beaucoup de souffrance.
- Le nord, Berck-sur-mer, le domicile d’une auteur best-seller de thrillers, Léane. Sa fille a été enlevée il y a quatre ans, elle avait 17 ans. Jamais retrouvée, probablement morte aujourd’hui. Explosion du couple, vies ravagées. Son mari vient d'être agressé et il est amnésique.

Et bien sûr on va alterner. Double spirale ? Non non car il est très fort monsieur Thilliez pour relier tout ça. D'un méga sac de noeuds, il tire toujours quand il faut la bonne ficelle pour que cela se dénoue. Tout est planifié, orchestré, mis en scène au paragraphe près. Mais il n’en reste pas moins que l’effet page-turner est là et ces 530 pages s'avalent à une vitesse folle.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman c’est cette cascade d’écrivains : on a l’impression que l’auteur s’amuse, se délecte… et nous aussi du coup. Cela dévoile également un côté intime peu fréquent qu’il faut savoir apprécier à sa juste valeur. En filigrane l’amour de Franck Thilliez pour sa belle région du Nord si âpre, si dure, si froide. Et toujours avec cet auteur un thème médical, son favori d'ailleurs : la mémoire. Ici les deux extrêmes, l'amnésie et l'hypermnésie. Cependant contrairement à ses romans précédents, ils ne sont pas creusés, juste exposés. Dommage, j'aime beaucoup les cours de médecine vulgarisés qu'il nous fait habituellement.

Le manuscrit inachevé est un thriller noir, sombre et parfois glauque, avec un hommage au "Silence des agneaux" de Thomas Harris. Mais toute cette noirceur est illuminée par les tourments et les  sentiments exacerbés des personnages principaux Vic et Léane qui ne peuvent laisser personne insensible. Du grand, grand Thilliez encore une fois.



Monsieur Thilliez sur Bookenstock :


lundi 19 février 2018

IRRÉVOCABLE de Andreas Pflüger






Fleuve Éditions
Collection Fleuve noir
538 pages
20,50 euros


4ème de couv :

Barcelone, il y a cinq ans : une opération tourne au cauchemar. Ce jour-là, Jenny Aaron, membre d'une unité très spéciale de la police allemande, perd tout : son amour, son honneur, sa vue. Elle survit grâce à ses autres sens et à la philosophie des samouraïs. Les arts martiaux constituent un de ses atouts majeurs, en dépit de sa cécité.
Mais les interventions à haut risque sont désormais remplacées par les interrogatoires les plus délicats. Écouter les silences, comprendre les non-dits, est devenu sa nouvelle spécialité. Un coup de fil de Berlin va pourtant propulser Jenny au sein de son ancienne équipe qu'elle pensait ne plus jamais revoir.
Un détenu de la prison de la capitale se déclare prêt à parler à condition que ce soit elle qui mène l'interrogatoire. Malgré ses réticences, la spécialiste accepte.
À peine entend-elle la voix de l'homme, que Jenny comprend : l'accident qui lui a coûté la vue n'était que le prologue. Dans les prochaines trente-six heures va se jouer sa vie...








Le prologue nous relate le fiasco d'une opération à Barcelone des forces spéciales allemandes. Jenny Aaron et Niko Kvist, tous deux flics d'action affiliés au "Service", et amants en secret, doivent "acheter"- récupérer en fait- un tableau d'art volé. La rencontre tournera au massacre, Jenny va fuir en voiture laissant à terre un Niko mourant. Elle est poursuivie par le vendeur-tueur, elle a un accident et perd la vue et la mémoire immédiate.

Lorsque le récit commence on retrouve Jenny cinq ans plus tard, elle a quitté Berlin et le Service pour une autre ville où elle officie en tant que profileuse. Avec une volonté de fer et une discipline quasi militaire, elle a développé tous ses autres sens pour pallier à l'absence de sa vue. Son revolver à la main, elle est capable de dire s'il est chargé ou non... au poids. Elle compte en permanence ses pas pour anticiper le chemin inverse, se repérer. L'écholocation lui permet de visualiser son entourage proche, que ce soit par ses talons qui claquent sur le sol, ou par sa langue lorsque ses talons rencontrent de la moquette. Elle estime ainsi les distances, le volume des obstacles qu'elle pourrait rencontrer car elle refuse la canne blanche. C'est réellement impressionnant, limite too-much parfois, mais l'auteur précise en fin d'ouvrage qu'il a rencontré des aveugles pratiquant ces méthodes.

Une sur-femme (ça se dit ça ?) soit, mais une sur-femme brisée. Rongée par le doute car sa mémoire n'est pas revenue. Que s'est-il réellement passé à Barcelone ? Pourquoi a-t'elle fuit en abandonnant Niko ? Depuis, elle ne s'autorise plus à l'aimer.

Mais Jenny doit retourner à Berlin, rappelée par le Service, pour interroger un détenu qui ne veut qu'elle comme interlocutrice. Ses qualités de profileuse ne sont plus à prouver : elle entend ce que les gens taisent.

Alors qu'elle retrouve ses marques, ses anciens collègues, et ami pour le cas de Pavlik,  Niko... elle va être plongée dans la nouvelle affaire en date : un dangereux preneur d'otages circule en bus dans Berlin avec une classe entière de mômes.

Sauf que tout est lié : Barcelone, le détenu, le preneur d'otage. Jenny va se lancer corps et âmes dans cet imbroglio en espérant éclairer ses zones d'ombre, se racheter peut-être, et enfin pouvoir dire à Niko qu'elle l'aime.

Andreas Pflüger signe un thriller haletant et extrêmement visuel. Le rythme est vraiment soutenu, accentué par de nombreux flash-back. Malgré son côté too-much, Jenny a quand même réussi à me toucher, par les épreuves qu'elle rencontre, par sa volonté de s'en sortir, de se débrouiller toute seule. L'auteur va même la faire conduire, guider à la voix par Pavlik blessé ! Soit, pas sur l'autoroute, mais quand même !!! J'adorerai voir ce roman adapté à l'écran. Quelques révélations laissent sans voix, et le dénouement est loin, très loin de ce que j'imaginais. J'aime beaucoup être surprise ainsi.
Bref, je vous le recommande, une précision cependant : coeur sensible s'abstenir !



Un dernier Thriller pour le challenge de la Licorne
et mon challenge est bouclé, fini, raclé.
Donc depuis début septembre 2017, j'ai réussi à y inscrire
12 SFFF et 12 T/P !!!
:ko: :ko: :ko: 

Allez, un gros logo pour la peine !