lundi 26 avril 2021

BIOTANISTES de Anne-Sophie Devriese

 



Éditions Actusf
Collection Naos
600 pages
19,90 euros




L'avis express de Dup sur Biotanistes de Anne-Sophie Devriese

Un roman de Fantasy original et passionnant. 
Une histoire et des personnages poignants.
Un coup de cœur évidemment !
(et ça rime 😁)



L'AVIS DE DUP




Anne-Sophie Devriese situe son roman sur notre planète dans un futur que l'on devine plus ou moins lointain, mais sans nous donner de repère. Et c'est bien sûr voulu, parce que ce futur est celui qui se profile à l'horizon si nous continuons à polluer les airs, les océans, détruire la couche d'ozone, etc... Il ne reste plus qu'un caillou tout sec où quasi rien ne pousse. L'eau est le bien le plus précieux : un enfant n'a pas le droit de pleurer "Ne gâche pas ton eau !". Un post-apo donc.

On va suivre Rim, une jeune sorcière orpheline, toute sa famille ayant été éliminée par le Fléau. Elle avait été récupérée alors enfant par Ulysse, un jeune conteur itinérant qui l'avait ramenée au Convent. Rim considère donc Ulysse comme son parrain, un lien profond les unis. 

Rim va donc grandir dans ce convent, se faire apprécier d'Anthoïna la maîtresse Biotaniste, apprendre à se méfier de certaines enseignantes et de la matriarche, se faire une amie Alex et une ennemie Olympe. Suivre le quotidien de cette ado nous permet de comprendre le fonctionnement de ce convent, et de réaliser que nous évoluons dans une société matriarcale (je reviendrai sur ce point plus loin).

Elles sont nombreuses à être ainsi récupérées et éduquées. Elles suivent toutes un apprentissage sévère et vaste : l'Histoire, la Géographie, la Botanique, les poisons, mais aussi les armes et les arts d'auto-défense. Leur éducation est entièrement ciblée pour décupler leur capacité à mémoriser des textes. Car ces jeunes sorcières, dès qu'elles atteignent l'âge de 16 ans acquièrent les capacités d'arpentage. Elles font des sauts dans le passé. Elles y puisent des connaissances qu'elles retranscrivent scrupuleusement dès leur retour.

L'intrigue qui tourne autour de ce Fléau, met un certain temps à s'installer, mais qu'importe, parcourir ces pages fut un vrai plaisir. La notion de Biotanique est juste géniale mais je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte. Celle d'arpentage également, même si celle-ci s'apparente plus à la roulette russe. 

Mais ce que j'ai le plus adoré dans ce roman, c'est découvrir cette société matriarcale par le biais de petite réflexion anodine de la vie de tous les jours. Anne-Sophie Devriese nous dépeint le miroir de notre société avec une inversion des comportements masculins/féminins. Je m'en veux terriblement de ne pas avoir noté les pages pour quelques citations ! Je peux quand même vous livrer le début d'un conte raconté à la veillée, au coin du feu dans la fraîcheur toute relative des nuits.
Il était une fois une femme prénommée Barbe. Elle possédait beaucoup de tours à vent (système pour récolter l'humidité de l'air) et une immense plantation d'indigo. Pour cette raison, tout le monde la connaissait sous le nom de Barbe Bleue. 

Ce renversement de la société patriarcale poussé à l'extrême montre tellement bien l'absurdité de cette différence, c'est assez amusant. Le combat pour l'isocratie et la recherche des raisons pour lesquelles les hommes ont perdu le pouvoir sera le fil rouge du roman.

J'ai beaucoup aimé également les personnages développés par l'autrice qui sont fort bien creusés. Et pas seulement Rim et Alex qui en sont les principaux. Olympe par exemple, qui représente le personnage sombre et surtout détestable, a sa psychologie particulièrement bien soignée. Les relations qui se développent entre tous ces personnages, et ils sont nombreux, sont peaufinées et prennent bien aux tripes. J'ai été très touchée par l'histoire et le dilemme de Meriem notamment. 

Ben en fait, vous savez quoi ? J'ai tout aimé dans ce Biotanistes. L'univers, l'intrigue, les personnages et les thématiques abordées, la plume agréable et légère de Anne-Sophie Devriese. Je ne peux que vous conseiller de le lire ce Biotanistes, en plus c'est un one-shot. Un premier roman fort réussi, une autrice belge à suivre assurément ! Dois-je avouer que j'ai choisi ce livre uniquement à cause de la couverture ? Avouez qu'elle est magnifique. Elle est de Zariel ♥ 



dimanche 25 avril 2021

Semaine 16/2021 sur Bookenstock

 

Semaine classique et néanmoins bien remplie grâce au Mois de Paul Beorn !


* Côté chroniques, Dup rattrape un léger retard en piquant son vendredi à Phooka qui, il faut l'avouer, n'a pas trop râlé... 😁


  • Mardi le coeur de Phooka balance entre "bien" et "coup de coeur" pour Dark protectors #1, un Urban Fantasy de chez Milady.


  • Jeudi Dup publiait sa chronique du YA lu dans le cadre du Mois de Paul Beorn : Le jour où...


  • Et enfin, vendredi une chronique sur un Fantasy young adult : Le sceau du renard de chez Bookmark, avec une belle couverture !




* Côté sorties, mercredi on vous a parlé des sorties Folio SF du mois en cours.


* Côté mois2, au milieu de tout ça se sont intercalées deux nouvelles pages de l'ITV de Paul Beorn. Je ne saurai que trop vous recommander d'aller y faire un tour !

ITV 7

ITV 8


Sinon, Dup en phase plouf plouf a fait participer les zamis facebook sur sa PAL :


Clairement les votes étaient orientés pour le ActuSF ou le Mu... mais comme elle est raisonnable 😎 et absolument pas influençable 😁😁😁, elle a choisi le Rageot !!!




That's all folks !

À la semaine prochaine.

La bise 😷

Bookenstock


vendredi 23 avril 2021

LE SCEAU DU RENARD de Zaya Feli

 



Éditions Bookmark
Collection Teen Spirit
304 pages
17 euros






L'avis express de Dup sur Le sceau du renard de Zaya Feli

Un tome 2 dans la continuité du premier : classique et sans surprise.


L'AVIS DE DUP




Ce tome 2 reprend l'histoire exactement là où nous l'avions laissée. La bataille de Voie du cerf n'a pas été gagnée, elle s'est interrompue brusquement lorsque Nathair, le bras droit de Halvard a surgi avec le couteau sous la gorge de Thaïs, le jeune frère de Ren. 

Ils sont tous faits prisonniers et emmenés en charriot dans une forteresse prison et Thaïs disparaît à nouveau des radars de Ren. Brimades, maltraitances, et toujours Anik pour protéger les arrières du prince bâtard. Ce dernier petit à petit perd de sa superbe, de sa confiance due à son rang, mais réalise qu'en contrepartie il gagne l'amitié d'une poignée de personnes qu'il n'aurait jamais imaginé côtoyer avant.

Un mystérieux allié qui signe ses missives d'un sceau de renard va les aider à mettre au point une évasion. Ils seront à nouveau en cavale, mais avec un but : trouver des alliés puissants pour obtenir une armée et débouter le roi Halvard du trône de Frayne. Il y a donc de l'action, mais malgré tout l'alchimie ne passe pas et l'ensemble m'a semblé plutôt plat.

Le personnage de Ren est torturé en permanence dans l'angoisse du sort de son petit frère, il est prêt à tout pour le sauver, pour sauver le royaume de la tyrannie d'Halvard. Et il va aller jusqu'à se vendre auprès d'un seigneur fortuné. Le personnage d'Anik reste distant, peu creusé, même si on devine sa désapprobation devant les solutions trouvées par Ren. Ils manquent tous deux de profondeur pour qu'on s'y attache réellement, aucune vibration n'a atteint mon cœur de lectrice

Le roman se poursuit sur une trame linéaire et très classique de Fantasy. On a peut-être un soupçon de début de romance entre Ren et Anik, mais vraiment des prémices inavoués. Si ça se trouve c'est mon imagination qui travaille tant j'aimerai qu'il se passe quelque chose de spécial, d'inattendu. "Les briseurs de fer" est définitivement à classer dans les romans de Fantasy classique.

Ceci dit, Le sceau du renard se lit vite et facilement comme l'opus précédent. Zaya Feli propose un vrai coup de théâtre en révélant l'identité du fameux renard et encore une fois un cliffhanger à la toute fin du volume. À vous de voir si vous voulez poursuivre l'aventure !

jeudi 22 avril 2021

Huitième volet de l'ITV de PAUL BEORN

  

 HUITIÈME VOLET DE L'ITV DE PAUL BEORN

Les liens vers les ITV précédentes :

ITV1

ITV2

ITV3

ITV4

ITV 5

ITV 6

ITV 7



Pour bien profiter de ce texte, je vous conseille d'aller relire celui de son premier "Mois de" ;)


Dup — Cette fois, j’espère que c’est la bonne. 

Elle pousse la porte de l’auberge.
    Phooka— Tu parles. Ça fait trois ans qu’on le cherche.
Dup — Prépare les menottes, au lieu de ronchonner.
    Phooka — Purée, il y a foule dans cette auberge.
Dup (chuchotis) — On interroge les clients. Commence par le barbare, là, dans le coin. 
    Phooka — Tu es sérieuse ? Ce type fait deux mètres cinquante et il a une hache à deux mains dans le dos. 
Dup — Beorn adore les guerriers avec des haches, c’est son côté Gemmel. Il lui a peut-être parlé. 
    Phooka s’avance jusqu’au barbare. C’est une montagne de muscles, ses bras sont couverts de cicatrices et de tatouages. Elle lui colle sous le nez un portrait de Beorn. 
Dup — TOI AVOIR VU LUI ? 
    Barbare — Gente dame, jamais n’ai-je vu cet ours de ma vie. 
Soudain, Dupinette se glisse derrière lui et abat un filet sur sa tête. 
    Barbare — Au secours ! 
    Phooka — Tu es folle ? Qu’est-ce qui te prend ? 
Dup — Passe-lui les menottes, vite ! 
Phooka attache le barbare à la chaise. D’un air soupçonneux, elle ôte son casque à cornes, puis sa hache, puis sa cotte de mailles, puis ses faux muscles, puis les coussins de rembourrage dessous. Finalement, il ne reste qu’un petit nounours apeuré. 
Dup — Bingo ! 
    Phooka — Trop forte ! Comment tu as deviné que c’était lui ? 
Dup — Il mangeait une tablette de chocolat aux noisettes. Et il avait un tatouage « I 💓Tolkien » sur l’épaule. 
    Phooka— Alors, monsieur Beorn ? On se cache parce qu’on a laissé ses lectrices et ses lecteurs mariner trois ans pour son tome 2 de Calame ? 
    Beorn — Je vous reconnais ! Vous êtes les deux folles qui enferment les auteurs dans une cave pour les faire parler ! Vous m’avez déjà torturé une fois ! 
Dup — Ouais. Et on va recommencer.


♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥


Laura Collins :

Ah, je ne veux pas que ce mois finisse! j'adore lire tes réponses ! Toutes ! tu me fais rire et tu m'attendris tout autant. j'en perds les miennes, c'est fou ! Ah oui , encore une : quel est le livre qui t'est le plus personnel ? ( mon Dieu, j'espère qu'elle n'a pas été posée, j'ai pas le courage de remonter tout le blog, pardon ) Penses-tu comme certains que le premier roman est celui qui nous ressemble le plus ? Et une petite dernière, pour la route : comment vis-tu les journées de page blanche ou d'inspiration en déroute ?

Paul Beorn :

Ooooh ! ♥♥ Moi aussi, j’adore ce mois de et touuutes ces questions de tout le monde !!

Mon livre le plus personnel, c’est toujours « mon roman en cours », je crois. C’est celui qui révèle le mieux la personne que je suis au moment où je l’écris. On change avec le temps, un peu, et nos romans aussi. 😊



Ah, le premier roman ! Il y a sans doute une part de vérité dans ce que tu dis. On a tendance à mettre dans ce premier roman ce qui nous tient le plus à cœur, les premiers thèmes qu’on a envie d’aborder en tant qu’auteur.

Pour ma part, mon premier roman, je l’ai écrit quand j’avais 7 ans. 😊 (sur un carnet que j’avais demandé pour mon anniversaire, je venais de découvrir Bilbo le hobbit et c’était un (abominable) plagiat écrit avec passion). Mon premier roman publié est en fait le 6ème ou le 7ème que j’ai écrit. Cela dit, c’était aussi mon premier en fantasy et j’y ai en effet abordé la plupart des thèmes que j’ai ensuite développés dans les autres (la place de la femme, l’importance des petites gens que l’on n’attend pas, le mépris de classe ou de « race », etc.)



Mes journées de page blanche ou d’inspiration en déroute ?

Pour moi, ce sont des amies. Une journée de page blanche, c’est une petite lumière rouge clignotante qui me dit, au choix « tu ne cherches pas au bon endroit / un truc ne va pas dans ce que tu as fait / tu n’es pas prêt à commencer » donc j’écoute cette petite voix comme une alliée et, en général, elle a raison. Je cherche ce qui ne va pas, je réfléchis, j’en parle à des amis, je lis un bouquin dans le même sujet ou je laisse juste passer une nuit ou deux et là, bien souvent, la page se noircit. 😊



Régina / Élodie : 

Du coup je pensais que Phooka allait rebordir vu que c'était sa question, mais non, alors je relance, dans quelles circonstances ils ont su que tu étais écrivain ?

Paul Beorn :

Aaaah, merci Regina ! Je me demandais si quelqu’un allait prendre cette perche tendue (ou ce trampoline, c’est selon) (Phooka, je te vois).

Donc nous voilà en 2010. Je viens de publier mon premier roman, je suis hystérique, c’est le rêve de ma vie. Un journaliste local me contacte pour une interview. Une INTERVIEW ! Problème : mon chef lit ce journal. Je réponds donc : « ok, mais dans l’article, je ne veux pas de photo, pas de mention de mon vrai métier et pas mon vrai nom ; bien sûr, je comprendrais très bien si ça ne vous convient pas. » Il me répond : « pas de problème. »

Il arrive chez moi et là, il sort… son appareil photo ! Je l’arrête, gêné. « Désolé, je vous avais dit : pas de photo, vous vous souvenez ? » Il a l’air mécontent. Il repose son bazar et il me demande : « Vous avez un autre métier ? » Moi : « Euh, ben, j’avais aussi dit : pas de mention de mon métier. » il a l’air TRES mécontent. Il me pose plein de questions ma vie familiale, sur ce que ça fait d’être publié, aucune sur le roman. Je ne lui dis pas mon métier, mais je dois lâcher des infos dans la conversation sans m’en rendre compte…

Le lendemain : un article en pleine page avec une photo de ma bouille en gros plan, récupérée sur Internet, avec le titre « Paul Couaillier (mon vrai nom), le jour dans les chiffres, la nuit dans la fantasy. » On me présente comme inspecteur des impôts (c’est faux, je suis inspecteur des fraudes et ça n’a pas grand-chose à voir, mais visiblement, la recherche de la vérité n’était pas sa priorité).

Le matin même, j’entre dans le bureau de mon chef et je lui dis « j’ai quelque chose à vous dire. » Il lève les yeux du journal : il était en train de lire l’article.

Ce chef, dès lors, m’a toujours suspecté d’écrire au travail et pénalisé. D’un autre côté, mes collègues ont été géniaux, ils m’ont lu, m’ont fait de la pub et sont venus en dédicaces. Alors finalement, ce journaliste m’a peut-être rendu service…

Dup :

Humpfff, pas cool ton boss ! Peut-être que tu devrais lui glisser les liens de l'ITV ?!
Et merci à Élodie, car je crevais d'envie de la saisir cette perche :D

Paul Beorn :

Héhé ! Pourquoi pas ? Non mais c’était il y a plus de dix ans, j’ai changé de boss depuis un moment, maintenant. 😊


Dup :

Coucou Paul !
Comme tu as pu le constater ma lecture de "Le jour où..." n'a pas abouti au coup de coeur alors qu'il a charrier en moi beaucoup d'émotions. Même s'il est sombre, dur... enfin peut-être pour ça d'ailleurs ! Mais il est resté une petite chose qui me chiffonnait : tes explications sur l'origine de l'endormissement des adultes, et pire quand tu as essayé d'expliquer pourquoi les adultes et pas les enfants. Tu n'aimes pas le côté scientifique des choses ?
Pourtant avec ton métier, tu as dû avoir une formation plus scientifique que littéraire non ? Plus maths que bio alors ?

Paul Beorn :

Ma formation ? Eh bien, comme en écriture, j’ai fait un peu n’importe quoi : un bac scientifique option math, parce que j’aimais bien ça, et une prépa lettres, parce que j’aimais ça aussi. 😊

Pour l’aspect de Le jour où dont tu parles, il s’agit de ce dont SK parlait dans une autre question : c’est l’éditrice qui m’a demandé de « trouver une explication » au sommeil des adultes, alors que le roman n’en donnait pas. Pour moi, c’était une catastrophe inexpliquée, presque une métaphore. Mon modèle sur le sujet était « L’aveuglement » de José Saramago (auteur portugais prix Nobel de littérature) qui raconte la façon dont les gens dans le monde entier deviennent peu à peu aveugles, les uns après les autres.

Cette modification de Le jour où n’était pas un choix de ma part et elle a été intégrée tardivement à la trame du roman. Cependant, je n’en veux pas à cette éditrice qui a cru en ce roman, qui l’a défendu becs et ongles et m’a permis de le publier alors qu’il avait essuyé 17 refus avant. Je l’avais écrit pour les adultes, mais comme les personnages sont adolescents, aucun éditeur adulte n’en voulait. C’est donc Castelmore, éditeur pour ado, qui m’a proposé un contrat. Seulement, un roman ado n’étant pas un roman adulte, cette modification leur semblait nécessaire. L’aspect « métaphorique » passait plus mal pour un public jeunesse, je suppose.


Fantasy à la carte : (question restée en rade, désolée !)

Hello Paul, maintenant que Calame est terminé, quel est ton ressenti ? C'est vrai, on ressent quoi quand on met un point final à une œuvre qui nous a pris beaucoup de temps d'écriture ?

Paul Beorn :

Pour mes premiers romans, j’éprouvais un manque terrible, comme si j’avais vraiment perdu quelqu’un. Il fallait que je fasse un travail de deuil qui pouvait durer des semaines. Mais avec le temps, cette sensation a disparu. Sans doute parce que je sais maintenant que les romans et leurs personnages vivent encore à travers les lectrices et les lecteurs qui les découvrent.

J’éprouve donc un peu de fierté (ouf, j’ai réussi à terminer cette histoire !) et un brin de soulagement (ouf, j’ai réussi à terminer cette histoire !!).

Et surtout, j’éprouve énormément de joie en découvrant les premiers retours qui sont vraiment fabuleux : ce sont ceux dont on rêve toute sa vie d’auteur. 


 SK :

Je me vais pas pouvoir revenir d’ici la fin, sauf à la sauvette pour lire ;) Je voulais donc ici te remercier pour un mois passionnant et des univers fascinants.

Paul Beorn :

Ça a été un immense plaisir de te rencontrer ici, merci à toi pour toutes tes questions passionnantes, je suis curieux de te lire à mon tour. Peut-être à bientôt !


Ramettes :

Bonjour,
Bravo pour le nouveau record de pages d'interviews !
J'ai remarqué dans Calame qu'à part les références à l'extinction des licornes et dragons tu n'as pas créé d'animaux extraordinaires. Est-ce pour mieux mettre en évidence les humains avec des dons ?

Est-ce voulu ou ça n'avait pas d'utilité de surenchérir avec des créatures ?

Paul Beorn :

Je pourrais répondre « attends le tome deuuuux ! » mais en fait, tu as globalement raison : il y a quelques créatures fabuleuses dans cet univers, mais assez peu, finalement. Pas d’elfes, de gobelins ni d’autres espèces que j’aurais inventées de toutes pièces. C’est souvent le cas dans mes romans, d’ailleurs.

Pourtant, j’aime beaucoup les créatures imaginaires et je peux en créer aussi. Mais oui, sans doute que les humains me suffisent, la plupart du temps, à jouer avec toute la palettes d’émotions et de sentiments qui m’intéressent. Par ailleurs, leurs innombrables différences (de langues, de genre, d’orientation sexuelle, de classes sociales, de couleur de peau, etc.) me suffisent généralement à créer toute l’altérité dont j’ai besoin pour nourrir mes histoires. Il y a déjà une telle diversité chez les êtres humains !

Dup :

Ah non, non, non, Ramettes. Le record est de 9 pages détenu par sieur Cerutti :)

Ramettes :

raye Bravo... il nous reste presque une semaine pour y arriver !

Paul Beorn :

Attention, Fabien, on te talonne !! 😄




Zaphrina :

J'ai terminé le roman ce matin à 1h30. La claque! Je veux le tome 2! Je ne m'attendais tellement pas à la fin

Paul Beorn :
Ronronronronronronron (<< ceci est le ronronnement de l’auteur qui sourit jusqu’aux oreilles en apprenant que son roman a réussi te rendre insomniaque et sa fin à te surprendre <3 )


La suite de l'ITV par ICI


LE JOUR OÙ... de Paul Beorn

 



Éditions Castelmore
480 pages
16,90 euros






L'avis express de Dup sur Le jour où... de Paul Beorn

Un roman pour ado Young Adult sombre et percutant, mais ô combien recommandable !


L'AVIS DE DUP




Paul Beorn a imaginé un monde où, en l'espace d'une journée, tous les adultes se sont endormis. Au-dessus de 17 ans, ils sont tous plongés dans une sorte de coma profond, leur métabolisme ralenti. Passés les premiers moments d'euphorie, imaginez : plus de profs 😁, c'est la peur qui domine.

On va suivre alternativement Léo et Marie, deux ados de 16 ans qui se connaissent depuis l'enfance et se sont toujours entraidés. Entourés de quelques amis, ils vont regrouper tous les enfants délaissés des immeubles où ils habitent, mais aussi du quartier. Mieux, ils vont chercher partout les tout-petits et les bébés encore plus démunis. Et s'organiser, centraliser un maximum d'eau et de nourriture non périssable, squattant les appartements pour répartir tout ce monde. La Cantine est née.

Léo est plutôt timide mais possède un charisme indéniable. Il va devenir le chef de la Cantine, non pas parce qu'il l'a voulu, mais parce que les autres l'ont décidé. Quant à Marie, elle va s'occuper de la collecte des rumeurs, des infos qui circulent. Un vrai service de renseignement miniature qui leur sauvera la mise plus d'une fois.

Léo est persuadé que les adultes vont bientôt se réveiller, et il veut tout faire pour pouvoir rendre les rênes sans trop de changements, aussi s'est-il fixé une ligne à ne pas dépasser. Mais Marie, toute croyante qu'elle est, sait très bien que pour survivre, pour protéger les plus petits, il va bien falloir se défendre, se salir les mains. Parce que c'est très vite l'anarchie, parce que certains caïds font régner leurs lois par la terreur, l'oppression, parce très vite c'est la loi du plus fort, du plus armé.

Outre les deux personnages principaux parfaitement creusés pour qui nous développons une empathie certaine, l'auteur nous propose une galerie de personnages secondaires incroyables. Mais je les ai tous aimés ces moutards qui entourent Léo et Marie. Mention spéciale pour l'américaine et son accent si bien transcrit, mais également pour la si dérangeante petite Salomé.

C'est quasiment un post-apo que nous écrit là sieur Beorn. Et même si la donne de départ, un virus sélectif sur l'âge est... disons capillotractée, le monde d'après et toute cette histoire paraît très vite crédible. Cette anarchie qui surgit lorsque les structures de la société s'effondrent est parfaitement dépeinte, sans faux semblant, et nécessite parfois un cœur bien accroché. 

Le jour où... est un roman pour ado (bien mûr ceci-dit) cru, violent, contenant beaucoup de noirceur mais ô combien réaliste et recommandable. Il ouvrira les yeux de nos têtes blondes sur cette fameuse ligne entre le bien et le mal qui sans cesse peut fluctuer. Et savoir analyser justement cette frontière en fonction des conditions. Marie et sa croyance mise à mal en est un magnifique exemple. À mettre entre toutes les mains, de 15 ans à plus, beaucoup plus !

Pour l'anecdote, Le jour où... une fois fini, je l'ai classé dans ma tête : pour ado bien mûr. Mais une fois achevée cette chronique, je me rends compte qu'il serait plutôt à ranger dans la catégorie Young Adult tant il est dur et fait réfléchir sur les valeurs morales. Je m'incline donc sur la réponse de Paul Beorn à ma question posée ICI, ce qui n'était pas le cas lors de cette discussion de notre Mois2. Bon, ok, qui ne dit mot consent, il n'empêche que j'étais chafouine 😆!